Note Retour au Texte Principal — CHAPITRE III.
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La chose étonnante que ces imaginations-là! On peut croire que, dans des moments comme celui-ci, Jane Armour et Mary Campbell et tous les soucis et toutes les imprudences avec leurs suites étaient loin. Il oubliait tout, se donnait au ravissement présent, perdu dans des chaumières en Espagne. Il avait, autant qu'on peut l'avoir, cette faculté des poètes et des artistes de tout oublier à chaque instant et d'être en réalité comme des instruments qui vibrent, sans souci de l'air précédent. Il envoya peu après cette chanson à celle qui la lui avait inspirée, mais il n'en reçut aucune réponse. Ce silence l'offensa car il en reparla plus tard avec une amertume peu raisonnable[319]. Il était tout naturel que la demoiselle, fût-elle de Ballochmyle, ne trouvât aucune réponse à faire à ce singulier paysan qui, avec toutes les circonlocutions pastorales, n'en parlait pas moins de la presser chaque nuit sur son cœur. Cependant Miss Alexander apprit à être fière d'avoir inspiré ces vers au poète inconnu en qui, ainsi que le dit le Dr Currie, avec l'élégance de son temps «respirait la Muse de Tibulle»[320]. Elle ne se maria pas et devint une vieille, vieille dame. Elle mourut en 1848 âgée de 88 ans[321]. Elle avait fait encadrer la chanson reçue jadis et l'avait avec elle partout où elle allait[322]. C'est excentrique, mais non pas sans quelque chose de profondément féminin. Le manuscrit de la chanson est maintenant un des objets précieux des archives de la famille Alexander[323].