Note Retour au Texte Principal — CHAPITRE II.
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J'ai souvent observé, dans le cours de mon expérience de la vie humaine, que chaque homme, même le plus mauvais, a en lui quelque chose de bon; bien que ce ne soit souvent qu'une disposition de constitution qui l'incline vers telle ou telle vertu: c'est de cette disposition que dépendent également un grand nombre de nos vices; personne ne saurait dire combien. C'est pourquoi aucun homme ne peut dire à quel point un autre homme que lui-même peut, en stricte justice, être appelé méchant. Que celui d'entre nous qui est le plus noté pour la stricte régularité de sa conduite examine impartialement combien de ses vertus il doit à sa constitution et à son éducation, et de combien de vices il a été exempt, non par suite de soins, de vigilance, mais par manque d'occasions ou parce qu'une circonstance accidentelle est intervenue; qu'il examine à combien de faiblesses humaines il a échappé, parce qu'il n'était pas sur le chemin de ces tentations; qu'il considère ce qui souvent, sinon toujours, pèse plus que tout le reste, combien il doit de la bonne opinion du monde, à ce que le monde ne le connaît pas tout entier; je dis que celui qui réfléchirait à tout cela, regarderait les faiblesses, que dis-je! les fautes et les crimes de tous les hommes qui l'entourent, avec l'œil d'un frère[125].