Note Retour au Texte Principal — CHAPITRE II.
Reading edition
Heureusement, dans un autre coin de sa cervelle, une autre partie de lui-même était également à l'ouvrage. On voit paraître pour la première fois, avec conscience, un des côtés de son esprit, beaucoup plus réel et plus solide: le goût de l'observation directe, sans commentaires, sans morale, appliquée nettement à la vie. Ce goût pour l'étude des hommes avait déjà paru, comme un trait rapide, dans son séjour à Kirkoswald, tout à fait à la sortie de son adolescence. Burns ne l'avait pas perdu à coup sûr. Mais cette préoccupation se manifeste ici et se proclame clairement. «Il me semble que je suis quelqu'un envoyé dans le monde pour voir et observer; et je m'arrange très aisément avec le coquin qui m'escroque mon argent, s'il y a en lui quelque chose d'original qui me montre la nature humaine dans une lumière différente de ce que j'ai vu auparavant. Bref, la joie de mon cœur est «d'étudier les hommes, leurs mœurs et leurs façons», et pour ce cher objet je sacrifie joyeusement toute autre considération[117].» Cette formation-ci appartient bien plus définitivement à sa vie; elle en est un des éléments permanents et solides, et on ne tardera pas à voir ce que devait donner cette observation. C'était le contrepoids des enthousiasmes et des sublimités un peu factices.