Note Retour au Texte Principal — CHAPITRE II.
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À travers tout cela, il continuait plus que jamais son métier d'amoureux rural: «L'amour sage ou insensé fut une perpétuelle nécessité de son âme,» dit Hately Waddell[72]; et Carlyle, dans une de ses fortes appréciations qui dégagent la ligne morale de toute une existence, avait dit: «À la vérité, il n'y a qu'une ère dans la vie de Burns, c'est la première. Nous n'avons pas la jeunesse, puis la maturité, mais seulement la jeunesse; car, jusqu'à la fin, nous ne discernons aucun changement décisif dans la complexion de son caractère; dans sa trente-septième année, il est encore, pour ainsi dire, dans la jeunesse[73].» C'est surtout pour ce qui concerne son intarissable faculté d'aimer que cela est vrai. Pendant vingt ans, il a été dans une continuelle admiration de la beauté ou plutôt de la grâce féminine, et ce qu'il y a de particulier en lui c'est que ses derniers amours avaient autant d'enthousiasme que les premiers. Il a chéri toute sa vie avec la bonne foi fougueuse des dix-huit ans, et il eût aimé ainsi indéfiniment. Chez lui, les passions ne formaient pas ces légers résidus d'accoutumance, d'amertume, de lassitude ou seulement d'habitude, que même les meilleures laissent au fond du cœur, et qui rendent celles qui y viennent ensuite moins douces ou les font paraître moins charmantes. Bien qu'il y ait bu souvent, le cristal de la coupe resta clair et transparent. L'amour conserva toujours pour lui toute sa nouveauté et sa délicieuse surprise. Il ne devint pas en lui amer comme dans Byron, railleur comme dans Heine, ou douloureux comme dans Musset. Il continua d'être pour lui, selon l'expression de Keats, «une chose de beauté et une joie éternelle.»