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Portraits littéraires, Tome III

Note (retour) — C.-A. SAINTE-BEUVE (continued 5)

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Puisque je viens de citer Martial, je le citerai encore; j'y pensais involontairement, tandis qu'on célébrait et (qui plus est) qu'on récitait avec sensibilité les vers touchants de la Pauvre fille; ce n'est qu'une courte idylle, et voilà qu'entre toutes les oeuvres du poëte elle a eu la meilleure part des honneurs de la séance. Martial, s'adressant à un de ses amis qui préférait les grands poëmes aux petites pièces, lui disait: «Non, crois-moi, Flaccus, tu ne sais pas bien ce que c'est que des épigrammes273, si tu penses que ce ne sont que jeux et badinages. Est-il plus sérieux, je te le demande, ne se joue-t-il pas bien davantage, celui qui vient me décrire le festin du cruel Térée ou la crudité de ton horrible mets, ô Thyeste?... Nos petites pièces, au moins, sont exemptes de toute ampoule; notre muse ne se renfle pas sous les plis exagérés d'une creuse draperie.—Mais, diras-tu, ce sont pourtant ces grands poëmes qui font honneur dans le monde, qui vous valent de la considération, qui vous classent.—Oui, j'en conviens, on les cite, on les loue sur parole, mais on lit les autres:

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