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Portraits littéraires, Tome III

Note (retour) — C.-A. SAINTE-BEUVE (continued 5)

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Je résume les objections que M. Auguste Bernard opposait à Charles Labitte. Sans entrer ici dans une discussion de dates qui avait déjà été très-bien éclaircie par Vigneul-Marville, et que semblent avoir réglée définitivement MM. Leber et Brunet, on peut répondre sans hésiter: Non, les hommes de la Satyre Ménippée n'étaient point des hommes du lendemain259, et cette oeuvre de leur part ne fut point une attaque tardive, ni le coup de pied à ce qui était à terre. Et d'abord il paraît constant, nonobstant chicanes, que le premier petit écrit dont se compose cette Satyre farcie (l'écrit intitulé la Vertu du Catholicon) fut imprimé réellement en 1593, avant la chute de la Ligue; il n'est pas moins certain, pour peu qu'on veuille réfléchir, que tous ces quatrains railleurs, ces plaisantes rimes, épîtres et complaintes, que la Ménippée porte avec elle, coururent imprimées ou manuscrites, et durent être placardées, colportées au temps même des événements qui y sont tournés en ridicule. La Satyre Ménippée ne fit que ramasser et enchâsser ces petites pièces qui étaient en circulation; elle rallia en un gros ces troupes légères qui avaient donné séparément.

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