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Portraits littéraires, Tome III

Note (retour) — C.-A. SAINTE-BEUVE (continued 5)

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«Cette sage honnêteté, dit-il253, cette modération dont les politiques se piquaient, remontait jusqu'à Érasme, mais à Érasme modifié par L'Hospital. L'illustre chancelier fut en effet, par conscience et par supériorité, on l'a très-bien dit, ce que l'auteur des Colloques avait été par circonspection et par finesse d'esprit. Le bon sens d'Érasme, la probité de L'Hospital, ce fut là le double programme de ces politiques d'abord raillés par tout le monde, de ce tiers-parti «auquel, dit d'Aubigné, les réformés croyoient aussi peu qu'au troisième lieu, qui est le purgatoire.» Mais laissez faire le temps, laissez les passions s'amortir, laissez l'esprit français, avec sa logique droite, se retrouver dans ce pêle-mêle, et ce parti grandira, et on saura les noms des magistrats intègres qui l'appuient: Tronson, Édouard Molé, de Thou, Pasquier, Le Maistre, Gay Coquille, Pithou, Loisel, Montholon, l'Estoile, de La Guesle, Harlay, Séguier, Du Vair, Nicolaï; on devinera les auteurs de la Ménippée, Pierre Le Roy, Passerat, Gillot, Rapin, Florent Chrestien, Gilles Durant, honnêtes représentans de la bourgeoisie parisienne. Les ligueurs modérés, comme Villeroy et Jeannin, se rangeront même un jour sous ce drapeau qui deviendra celui de Henri IV et de Sully.»

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