← Table of contents
Portraits littéraires, Tome III

Note (retour) — C.-A. SAINTE-BEUVE (continued 2)

Reading edition

L'épitaphe d'Agnès Sorel est connue; rien n'empêche de croire à cette improvisation de cinq vers, et de nouveaux témoignages recueillis par M. Vallet de Viriville doivent, nous dit-on, en confirmer l'authenticité. Mais M. Champollion a conjecturé judicieusement, selon moi, que la pièce en tercets: Doulce, plaisante, heureuse et agréable nuict (page 150), est trop compliquée pour être du monarque. J'ajouterai, comme raison à l'appui, que cette espèce de chanson est traduite de l'Arioste10, et elle l'a été depuis encore par d'autres poëtes du XVIe siècle, par Olivier de Magny et Gilles Durant. Le chanteur remercie la nuit d'avoir favorisé son entreprise amoureuse, et il part de là pour dénombrer et décrire avec complaisance chaque détail de son aventure. Mellin de Saint-Gelais, qui le premier a donné en français d'autres imitations en vers de l'Arioste, a dû tremper dans celle-ci. Un tel travail de traduction suppose en effet une application littéraire qui tient au métier. Un roi peut rimer et fredonner ses propres saillies, mais il ne s'amuse guère à traduire celles des autres11.

Explore with AITake your curiosity a little further.

Reading settings