Note 49 — C.-A. SAINTE-BEUVE (continued 2)
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Note 49: (retour) Mitton ne se connaît bien que dans les Lettres de M. de Méré: c'est là qu'on apprend que cet épicurien insouciant avait écrit quelques pages sur l'Honnêteté qui se sont trouvées comprises dans les Oeuvres mêlées de Saint-Évremond: «Vous savez dire des choses, Lui écrit M. de Méré, et vous devez être persuadé qu'il n'y a rien de si rare. Vous souvenez-vous que Mme la marquise de Sablé nous dit qu'elle n'en trouvoit que dans Montaigne et dans Voiture, et qu'elle n'estimoit que cela? Je m'assure que, si vous l'eussiez souvent vue, ou qu'elle eût eu de vos écrits, elle vous eût ajouté à ces deux excellents génies.»—Pascal avait fort connu Mitton, et, dans les ébauches de ses Pensées, il le nomme par moments et le prend à partie, quand il songe au type du libertin qu'il veut réfuter: «Le moi est haïssable. Vous, Mitton, le couvrez; vous ne l'ôtez pas pour cela...» En effet, selon Mitton, «pour se rendre heureux avec moins de peine, et pour l'être avec sûreté sans craindre d'être troublé dans son bonheur, il faut faire en sorte que les autres le soient avec nous;» car alors tous obstacles sont levés, et tout le monde nous prête la main. «C'est ce ménagement de bonheur pour nous et pour les autres que l'on doit appeler honnêteté, qui n'est, à le bien prendre, que l'amour-propre bien réglé.» C'est à cela que Pascal semble répondre directement dans son apostrophe à l'aimable égoïste.