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Portraits littéraires, Tome III

Note 42 — C.-A. SAINTE-BEUVE (continued 2)

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Note 42: (retour) Ainsi, à travers les fatuités de cette lettre qui nous paraît si étrange de ton, il savait très-bien indiquer le côté faible de Mme de Maintenon, lui dénoncer cet oubli où on l'accusait de laisser tomber insensiblement ses relations du passé: «On s'imagine que vos anciens amis ne tiennent pas en votre bienveillance une place fort assurée.» Il l'avertit qu'on lui reprochait à la cour de n'aimer à favoriser que des gens déjà élevés et par eux-mêmes en faveur. En même temps il reconnaissait son charme, qui faisait qu'on lui restait attaché malgré tout: «Si cela vous paroît peu vraisemblable à cause que vous m'avez extrêmement négligé, lui disait-il, je vous apprends qu'entre vos merveilleuses qualités qui font tant de bruit, vous en avez une que je regarde comme un enchantement: c'est que les gens de bon goût qui vous ont bien connue ne vous sauroient quitter, de quelque adresse que vous usiez pour vous en défaire, et j'en suis un fidèle témoin.» Tout cela est finement observé et n'est pas du tout ridicule. En somme, on ne connaîtrait pas bien Mme de Maintenon et surtout Mlle d'Aubigné, «belle et d'une beauté qui plaît toujours, douce, secrète, fidèle, modeste, intelligente...,» si on ne recourait au chevalier. (Lettres 38e, 6le, 48e, etc.) Je serais étonné si ce n'était pas d'elle aussi qu'il veut parler: «Une personne, la plus charmante que je connus de ma vie...» (Page 152 des Oeuvres posthumes.) La Beaumelle, ce chroniqueur si peu sûr, a romancé selon son usage le chapitre où figure le chevalier; il est temps qu'un noble et grave historien, M. le duc de Noailles, vienne remettre l'ordre et la justesse dans les choses de sa maison.

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