← Table of contents
Portraits littéraires, Tome II

Note (retour) — C.-A. SAINTE-BEUVE

Reading edition

Jean-Baptiste Poquelin naquit à Paris le 15 janvier 1622, non pas, comme on l'a cru longtemps, sous les piliers des halles, mais, d'après la découverte qu'en a faite M. Beffara, dans une maison de la rue Saint-Honoré, au coin de la rue des Vieilles-Étuves4. Il était par sa mère et par son père d'une famille de tapissiers. Son père, qui, outre son état, avait la charge de valet-de-chambre-tapissier du roi, destinait son fils à lui succéder, et le jeune Poquelin, mis de bonne heure en apprentissage dans la boutique, ne savait guère à quatorze ans que lire, écrire, compter, enfin les éléments utiles à sa profession. Son grand-père maternel pourtant, qui aimait fort la comédie, le menait quelquefois à l'hôtel de Bourgogne, où jouait Bellerose dans le haut comique, Gautier-Garguille, Gros-Guillaume et Turlupin dans la farce. Chaque fois qu'il revenait de la comédie, le jeune Poquelin était plus triste, plus distrait du travail de la boutique, plus dégoûté de la perspective de sa profession. Qu'on se figure ces matinées rêveuses d'un lendemain de comédie pour le génie adolescent devant qui, dans la nouveauté de l'apparition, la vie humaine se déroulait déjà comme une scène perpétuelle. Il s'en ouvrit enfin à son père, et, appuyé de son aïeul qui le gatait, il obtint de faire des études. On le mit dans une pension, à ce qu'il paraît, d'où il suivit, comme externe, le collége de Clermont, depuis de Louis-le-Grand, dirigé par les jésuites.

Explore with AITake your curiosity a little further.

Reading settings