Note (retour) — C.-A. SAINTE-BEUVE (continued 4)
Reading edition
Ce que M. de Fontanes, poëte, était en 1778, il l'était encore en 1814 et 1815; l'anecdote, au besoin, peut servir de clef156.—Les sentiments, en tout temps publiés ou consignés dans ses vers, font foi de la sincérité avec laquelle, au milieu de ses regrets, il dut accueillir le retour de la race de Henri IV. Encore Grand-Maître lors de la distribution des prix de 1814, il put, dans son discours, avec un côté de vérité qui devenait la plus habile transition, expliquer ainsi l'esprit de l'Université sous l'Empire: «Resserrée dans ses fonctions modestes, elle n'avait point le droit de juger les actes politiques; mais les vraies notions du juste et de l'injuste étaient déposées dans ces ouvrages immortels dont elle interprétait les maximes. Quand le caractère et les sentiments français pouvaient s'altérer de plus en plus par un mélange étranger, elle faisait lire les auteurs qui les rappellent avec le plus de grâce et d'énergie. L'auteur du Télémaque et Massillon prêchaient éloquemment ce qu'elle était obligée de taire devant le Génie des conquêtes, impatient de tout perdre et de se perdre lui-même dans l'excès de sa propre ambition. En rétablissant ainsi l'antiquité des doctrines littéraires, elle a fait assez voir, non sans quelque péril pour elle-même, sa prédilection pour l'antiquité des doctrines politiques.