Note 142 — C.-A. SAINTE-BEUVE (continued 4)
Reading edition
Note 142: (retour) Lors du fameux discours de réception que M. de Chateaubriand ne put prononcer à l'Académie, la contenance de Fontanes fut d'un ami ferme et fidèle. On peut lire, au tome II du Mémorial de Sainte-Hélène, la scène dont il fut l'objet à cette occasion, car c'est de lui qu'il s'agit, bien qu'on ne le nomme pas. Dans la suite du Mémorial, l'auteur a jugé à propos d'en venir à l'injure; mais, comme preuve, il ne trouve à citer qu'un trait généreux. Esménard, qui avait eu, disait-on, de graves torts envers Fontanes, visait à l'Académie. Un académicien ami court chez celui qu'on croyait offensé pour s'assurer du fait, déclarant qu'en ce cas Esménard n'aurait pas sa voix: «Tout ce que je puis vous dire, c'est que je lui donne la mienne,» répondit Fontanes. Il a plu à l'auteur du Mémorial de voir là-dedans une preuve de servilité: «On peut juger de cet homme, dit-il, par le fait suivant. «A la bonne heure!—Pour compléter cet ensemble des relations de Fontanes avec l'Empereur, il y aurait encore à relever les divers traits honorables que M. le chevalier Artaud a consignés avec un zèle d'admirateur et d'ami dans son Histoire de Pie VII, les courageux et persévérants conseils qui poussaient à restaurer civilement la religion, et à honorer ses ministres devant les peuples; ce mot a échappé à Napoléon dans l'affaire du Sacre: «Il n'y a que vous ici qui ayez le sens commun.» Oserons-nous croire pourtant avec M. Artaud (tome II, page 391) que l'ode sur l'Enlèvement du Pape ait été lue à l'Empereur? Il ne faut exagérer dans aucun sens.