Note (retour) — C.-A. SAINTE-BEUVE (continued 4)
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En 1811, dans cet intervalle de paix, il s'occupa beaucoup d'Université. Un jour, dans un conseil présidé par l'Empereur, Fontanes, en présence de conseillers d'État qu'il jugeait hostiles, eut une prise avec Régnault de Saint-Jean-d'Angély, et il s'emporta jusqu'à briser une écritoire sur la table du conseil. L'Empereur le congédia immédiatement: il rentra chez lui, se jugeant perdu et songeant déjà à Vincennes. La soirée se passa en famille dans des transes extrêmes, dont on n'a plus idée sous les gouvernements constitutionnels. Mais, fort avant dans la soirée, l'Empereur le fit mander et lui dit en l'accueillant d'un air tout aimable: «Vous êtes un peu vif, mais vous n'êtes pas un méchant homme.»—Il se plaisait beaucoup à la conversation de Fontanes, et il lui avait donné les petites entrées. Trois fois par semaine, le soir, Fontanes allait causer aux Tuileries. Au retour dans sa famille, quand il racontait la soirée de tout à l'heure, sa conversation si nette, si pleine de verve, s'animait encore d'un plus vif éclat141. Il ne pouvait s'empêcher pourtant de trouver, à travers son admiration, que, dans le potentat de génie, perçait toujours au fond le soldat qui trône, et il en revenait par comparaison dans son coeur à ses rêves de Louis XIV et du bon Henri, au souvenir de ces vieux rois qu'il disait formés d'un sang généreux et doux.