Note (retour) — C.-A. SAINTE-BEUVE (continued 3)
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Or, il n'aimait pas les femmes savantes, les femmes politiques, les femmes philosophes. S'il ne faisait dès lors que prévoir et redouter ce qui s'est émancipé depuis, il doit sembler, comme, au reste, en un bon nombre de ses jugements, beaucoup moins étroit que prompt. En admirateur du XVIIe siècle, il permettait sans doute à madame de Sévigné ses lettres, à madame de La Fayette ses tendres romans; il aurait passé à madame de Staël ses Lettres sur Jean-Jacques, comme probablement il tolérait ses vers d'élégie chez madame Dufrenoy; mais c'était là l'exception et l'extrême limite. Une célébrité plus active, l'influence politique surtout, et l'expression métaphysique, le révoltaient chez une femme, et lui paraissaient tellement sortir du sexe, qu'à lui-même il lui arriva, cette fois, de l'oublier. Madame de Staël ne se vengea qu'en retrouvant à l'instant son rôle de femme, qu'on l'accusait d'abandonner, et en le marquant par la bonne grâce supérieure et inaltérable de ses réponses123.