Note (retour) — C.-A. SAINTE-BEUVE (continued 3)
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Le témoin véridique, de qui le mot m'est venu, n'en avait entendu que la lettre, et n'en saisissait ni le poétique ni le figuratif. Depuis, j'ai souvent repassé en esprit, comme le revers et l'ombre de bien des ovations, cette humble image du commandant populaire79. Et celui-ci était le plus probe, le plus inflexible, passé une certaine ligne; il ne cédait ici qu'en vue surtout de maintenir et de modérer. Si l'on ne peut dire de lui qu'une fois la Révolution engagée, il ait dominé les événements, s'il les a trop suivis ou (ce qui revient au même) précédés dans le sens de tout à l'heure, il en a été l'instrument et le surveillant le plus actif, le plus intègre, le plus désintéressé; quand ils ont voulu aller trop loin, à un certain jour, il leur a dit non, et les a laissés passer sans lui, au risque d'en être écrasé le premier; en un mot, il a fait ses preuves de vertu morale. Mais à ce début, il y eut de longs moments d'acheminement, d'embarras, de composition inévitable. L'indulgence qu'on a en révolution pour les moyens est singulière, tant que vos opinions ne sont pas dépassées.