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Portraits littéraires, Tome II

Note (retour) — C.-A. SAINTE-BEUVE (continued 2)

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Bernardin n'était nullement poëte en vers; son amitié avec Ducis ne l'induisit jamais à quelque épître ou pièce légère. L'exemple de Delille, dont les Jardins avaient devancé de deux ans ses Études, et qu'il avait retrouvé plus tard à l'Institut, vers 1805, très-amoureux de la campagne, nous dit-il, ne le tenta pas davantage; et, tout en l'admirant sans doute, il ne paraît point l'avoir envié. Les seuls vers imprimés, je crois, et peut-être les seuls composés par Bernardin, se trouvent dans la Décade philosophique (10 brumaire an III),65 et ont pour sujet la naissance de sa fille Virginie. Ils sont inférieurs de beaucoup aux vers de Fénelon, et très à l'unisson d'ailleurs de ce qu'ont tenté en ce genre tant de prosateurs illustres, depuis le Consul romain.66 Cette impuissance de la mesure serrée et du chant, en ces organisations si accomplies, marque bien la spécialité du don, et venge les poëtes, même les poëtes moindres, ceux dont il est dit: «Érinne a fait peu de vers, mais ils sont avoués par la Muse.»

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