← Table of contents
Portraits littéraires, Tome II

Note (retour) — C.-A. SAINTE-BEUVE (continued 2)

Reading edition

L'arc-en-ciel est resté et se voit encore. Les Études, si incomplètes qu'elles paraissent à trop d'égards, demeurent comme une révélation de la nature, qui ne se trouve que là. Quiconque est sensible de coeur, quiconque est né voyageur par instinct ou poëte, lit un jour Bernardin et est initié par lui. Si ce peintre harmonieux manquait, on chercherait vainement ailleurs une impression pareille, soit dans Jean-Jacques, soit dans Chateaubriand. Nul autre que lui n'a également chasteté et mollesse. Lamartine, qui nous offre tant de parenté de génie avec l'auteur des Études, est moins exclusivement un peintre, et sa poésie suscite des émotions élégiaques plus compliquées. Quelle est donc l'innocente et poétique enfance dans laquelle Bernardin de Saint-Pierre et ses Études n'aient pas été une heure mémorable et charmante, comme le premier rayon de lune amoureuse, comme une aube idéale à jamais regrettée61?

Explore with AITake your curiosity a little further.

Reading settings