Note (retour) — C.-A. SAINTE-BEUVE (continued 2)
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Les choses ont bien changé, et de grands revers ont suivi ce triomphe alors unanime, d'un nom poétique qui du moins vivra. Quant à nous, de bonne heure adversaire, et qui pourtant le comprenons, sur la tombe de ce talent brillant et spirituel que nous ne croyons pas avoir insulté ni dénigré aujourd'hui, près de l'autel renversé de ce poète qui régna et que nous venons de juger sans colère, en présence de celui50 qui règne après lui, et dont la faveur, si l'on veut, a aussi quelques illusions; en face de cet autre51 qui ne règne ni ne se soumet, mais qui combat toujours, et nous souvenant de plusieurs encore que nous ne nommons pas, il nous semble hardiment que nous pouvons redire: «Non, dans la tentative qui s'est émue depuis lui, non, nous tous, nous n'avons pas tout à fait erré. La poésie était morte en esprit, perdue dans le délayage et les fadeurs: nous l'avons sentie, nous l'avons relevée, les uns beaucoup, les autres moins, et si peu que ce soit dans nos oeuvres, mais haut dans nos coeurs; et l'Art véritable, le grand Art, du moins en image et en culte, a été ressaisi et continué!»