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Portraits littéraires, Tome II

Note 38 — C.-A. SAINTE-BEUVE (continued 2)

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Note 38:

(retour)

Quand il eut épousé sa gouvernante, il allait lui-même au-devant de ses souvenirs d'abbé, en plaisantant sur ce qu'il aurait été fait clerc, et peut-être sous-diacre, mais par l'évêque de Noyon, et l'évêque de Noyon ne faisait rien de sérieux.—L'abbé Delille eut de tout temps son abbé de Cournand attaché à lui comme une puce à l'oreille pour le harceler; il se vengeait par maint bon mot. Ils passèrent leur vie à se faire des niches. En 89, l'abbé de Cournand, très-avancé dans la Révolution, parlait, écrivait pour le mariage des prêtres, et Delille disait de lui, en parodiant la chanson:

Cournand pleure, Cournand crie, Cournand veut qu'on le marie.

Et il ajoutait (ce que je cache au bas de la page):

Et de ses larges flancs voit sortir à longs flots Tout un peuple d'abbés, pères d'abbés nouveaux!

It nigrum campis agmen!—Voilà le vrai Delille causant. Il jouait, batifolait perpétuellement avec son esprit, comme un chat avec un marron; c'est M. Villemain qui dit cela.

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