Note (retour) — C.-A. SAINTE-BEUVE (continued 2)
Reading edition
Malgré les critiques qu'on fit des Jardins, Delille ne continua pas moins d'être le plus brillant et le plus enfant gâté des poëtes. Il ne publia rien de nouveau jusqu'après la Révolution; mais il travailla dès lors, et par fragments toujours, à la plupart des ouvrages qui parurent ensuite coup sur coup à dater de 1800. M. de Choiseul-Gouffier l'emmena ou plutôt l'enleva sur le vaisseau qu'il montait comme ambassadeur à Constantinople33. Delille visita Athènes, composa des morceaux de son poëme de l'Imagination aux rivages de Byzance. Une lettre écrite par lui en France sur son voyage était à l'instant un événement de société; un bon mot qu'il avait dit sur des pirates fit fortune. Sa vue s'affaiblissait déjà; ce soleil lumineux et cette blancheur des murailles du Levant lui causaient plus de souffrance que de joie. A son retour en France, il reprit sa vie mi-partie studieuse et distraite, et la Révolution seule la vint troubler.