Note (retour) — C.-A. SAINTE-BEUVE (continued 2)
Reading edition
Le Mercure, qui donna sur les Jardins un pur article d'ami31, nous montre quelle était alors dans le monde la vraie situation du poète, en ces mots: «Voici le moment que la critique attendait pour se venger de ce dupeur d'oreilles, dont le débit enchanteur la réduisait au silence. M. l'abbé Delille respecte toutes les réputations, applaudit à tous les talents, ménage l'amour-propre de tout le monde; n'importe! on affligera le sien, si l'on peut; c'est la règle. Pense-t-il être impunément le poète le plus aimable et le plus aimé?» Ce caractère inoffensif et bienveillant de l'abbé Delille le rendit, jusque bien avant dans la Révolution, étranger à toutes les querelles. Il n'était pas encyclopédiste, et il voyait Diderot, et il récitait des vers, près de Roucher qu'on lui comparait encore, aux déjeuners de l'abbé Morellet. Il n'était ni gluckiste ni picciniste, au grand déplaisir de Marmontel qui, dans son poème de l'Harmonie, disait: