Note 158 — C.-A. SAINTE-BEUVE (continued 6)
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Note 158:
(retour)
Puisque j'ai eu occasion de nommer Parny et que probablement j'y reviendrai peu, qu'on me permette d'ajouter une note écrite sur lui en toute sincérité dans un livret de
Pensées
: «Le grand tort, le malheur de Parny est d'avoir fait son poëme de
la Guerre des Dieux
: il subit par là le sort de Piron à cause de son ode, de Laclos pour son roman, de Louvet jusque dans sa renommée politique pour son
Faublas
, le sort auquel Voltaire n'échappe, pour sa
Pucelle
, qu'à la faveur de ses cent autres volumes où elle se noie, le sort qu'un immortel chansonnier encourrait pour sa part, s'il avait multiplié le nombre de certains couplets sans aveu. On évite de s'occuper de Parny comme de Laclos. La mode ayant changé en poésie, les nouveaux venus le méprisent, les moraux le conspuent, personne ne le défend. Ceux qui ont assez de goût encore pour l'apprécier, ont aussi le bon goût de ne pas le dire. Cela d'ailleurs n'en vaut pas la peine, et l'injustice se consacrera. Et quelle vigueur pourtant par éclairs! quel plus beau mouvement, quel plus désolé délire que dans l'étincelante élégie:
J'ai cherché dans l'absence un remède à mes maux!....
«Il a de la passion; Millevoye n'en a pas.»