Note (retour) — C.-A. SAINTE-BEUVE (continued 6)
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Molière, à l'étudier de près, ne fait pas ce qu'il prêche. Il représente les inconvénients, les passions, les ridicules, et dans sa vie il y tombe; La Bruyère jamais. Les petites inconséquences du Tartufe, il les a saisies, et son Onuphre est irréprochable147: de même pour sa conduite, il pense à tout et se conforme à ses maximes, à son expérience. Molière est poëte, entraîné, irrégulier, mélange de naïveté et de feu, et plus grand, plus aimable peut-être par ses contradictions mêmes: La Bruyère est sage. Il ne se maria jamais: «Un homme libre, avait-il observé, et qui n'a point de femme, s'il a quelque esprit, peut s'élever au-dessus de sa fortune, se mêler dans le monde et aller de pair avec les plus honnêtes gens. Cela est moins facile à celui qui est engagé; il semble que le mariage met tout le monde dans son ordre.» Ceux à qui ce calcul de célibat déplairait pour La Bruyère, peuvent supposer qu'il aima en lieu impossible et qu'il resta fidèle à un souvenir dans le renoncement.