Note (retour) — C.-A. SAINTE-BEUVE (continued 4)
Reading edition
À partir de 1814, M. Andrieux professa au Collége de France, comme, depuis plusieurs années déjà, il professait à l'intérieur de l'École Polytechnique, et ses cours publics, fort suivis et fort aimés de la jeunesse, devinrent son occupation favorite, son bonheur et toute sa vie. Nous serions peu à même d'en parler au long, les ayant trop inégalement entendus, et rien d'ailleurs n'en ayant été imprimé jusqu'ici. Mais ce qu'on peut dire sans crainte d'erreur, c'est que M. Andrieux y déploya dans un cadre plus général les qualités précieuses de critique, de finesse délicate, de malice inoffensive et ingénieuse, qu'attestaient ses oeuvres trop rares, et dont ses amis particuliers avaient joui. Sincèrement bonhomme, quoiqu'il affectât un peu cette ressemblance avec La Fontaine, fertile en anecdotes choisies et bien dites, causeur toujours écouté 105, moralisant beaucoup, et rajeunissant par le ton ou l'à-propos les vérités et les conseils qui, sur ses lèvres, n'étaient jamais vulgaires, M. Andrieux a fait, avec un talent qui pouvait sembler de médiocre haleine, ce que bien des talents plus forts ont trouvé trop long et trop lourd; il a fourni une carrière non interrompue de dix-huit années de professorat; et, comme il le disait lui-même à sa dernière leçon, il est mort presque sur la brèche.