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Portraits littéraires, Tome I

Note 96 — C.-A. SAINTE-BEUVE (continued 4)

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Note 96: (retour) Pendant qu'il est captif en Turquie, son maître Salem veut le convertir au Coran; et comme le marquis, en bon chrétien, s'élève contre l'impureté sensuelle sanctionnée par Mahomet, Salem lui fait le raisonnement que voici: «Dieu, n'ayant pas voulu tout d'un coup se communiquer aux hommes, ne s'est d'abord fait connoître à eux que par des figures. La première loi, qui fut celle des Juifs, en est remplie. Il ne leur proposoit, pour motif et pour récompense de la vertu, que des plaisirs charnels et des félicités grossières. La loi des chrétiens, qui a suivi celle des Juifs, étoit beaucoup plus parfaite, parce qu'elle donnoit tout à l'esprit, qui est sans contredit au-dessus du corps... C'est un second état par lequel ce Dieu bon a voulu faire passer les hommes... Et maintenant enfin ce ne sont plus les seuls biens du corps, comme dans la loi des Juifs, ni les seuls biens spirituels, comme dans l'Évangile des chrétiens, c'est la félicité du corps et de l'esprit que l'Alcoran promet tout à la fois aux véritables croyants.» Il est curieux que Salem, c'est-à-dire notre abbé Prévost, ait conçu une manière d'union des lois juive et chrétienne au sein de la loi musulmane, par un raisonnement tout pareil à celui qui vient d'être si hardiment développé de nos jours dans le saint-simonisme.

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