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Poésies de Daniel Lesueur

XVI L'ŒUVRE DE LA NATURE

Reading edition

Ce qu'il t'importe, à toi, Nature, ô froide reine! Ce n'est pas que mon cœur s'assouvisse ici-bas: Qu'il s'épuise et qu'il saigne en d'horribles combats, Tu n'en souris pas moins, implacable et sereine. Ce qu'il t'importe, à toi, c'est que la moindre graine Trouve un sol favorable et germe sous tes pas. Ton éternel souci, qui ne me connaît pas, N'a pour but que la vie obscure et souveraine. La vie!... Et que ce soit la mienne, avec ses pleurs, Ou l'humble éclosion des bêtes et des fleurs, Ou le rayonnement des astres dans l'espace, Nature, ton ardeur et tes soins sont pareils. Pourquoi donc plaindrais-tu ce qui souffre et qui passe, Toi qui vois s'enflammer et mourir les soleils?

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