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Oeuvres par Maximilien Robespierre — Miscellaneous

ELOGE (continued 2)

Reading edition

(40) France fait remarquer en note que cet alinéa et le suivant ont été bâtonnés d'un trait de plume. Il croit que Saint-Just est l'auteur de ce trait de plume. Il me paraît plutôt que c'est Robespierre lui-même, car Saint-Just a maintenu la phrase dans son rapport: "Tous les amis de Mirabeau se vantoient hautement qu'ils t'avoient fermé la bouche. Aussi tant qu'a vécu ce personnage affreux, tu es resté presque muet" (p. 10).

(41) Ce passage a été reproduit par Saint-Just: "Dans ce temps-là tu reprochais à un personnage rigide, dans un repas, qu'il compromettait la bonne cause, en s'écartant du chemin où marchoient Barnave et Lameth, qui abandonnoient le parti populaire" (p. zo). C'est en mai 1791, sur l'affaire des colonies, que Robespierre rompit définitivement avec les Lameth et Barnave. Mais leur évolution à droite datait déjà de quelques mois.

(42) Mots barrés: les derniers numéros (France).

(43) Mots barrés: qui avait fort improuvé la… assez entachée d'aristocratie (France).

(44) Saint-Just a recueilli cette anecdote en l'enjolivant dans son rapport: "On racontoit comme une preuve de la bonhomie de Fabre, que celui-ci se trouvant chez Desmoulins au moment où il lisoit à quelqu'un l'écrit dans lequel il demandoit un comité de clémence pour l'aristocratie, et appeloit la Convention la Cour de Tibère, Fabre se mit à pleurer. Le crocodile pleure aussi." (p. 19).

(45) Je n'ai pas retrouvé ce passage dans le rapport de Saint-Just.

(46) Voir la séance des Jacobins du 18 nivôse an II.

(47) Mots barrés: aux crimes des conspirateurs (France).

(48) "Faux ami, tu disois, il y a deux jours, du mal de Desmoulins, instrument que tu as perdu et tu lui prêtois des vices honteux." (Rapport de Saint-Just, p. 17.)

(49) Cette dernière entrevue de Danton avec Robespierre doit être distincte de celle que Daubigny a racontée dans ses Principaux événements, p. 49, car Daubigny ne nomme pas Laignelot parmi les convives du repas chez Humbert. Il doit s'agir de l'entretien rapporté dans les Mémoires de Barras.

(50) Les pressentiments de Robespierre étaient justifiés. Laignelot, qui était un ami de Daubigny (Principaux événements, p. 98), se rangera parmi les thermidoriens.

(51) Mots barrés: n'a jamais (France). Cet homme désigne Danton.

(52) A l'Assemblée électorale du département de Paris qui nomma les députés à la Convention.

(53) Mot barré: projets (France).

(54) Mots barrés: Fabre s'était fait fournisseur de l'armée, il avait (France). "Tu enrichis Fabre pendant ton ministère." (Rapport de Saint-Just, p. 12).

(55) Voir notre article: Fabre d'Eglantine, fournisseur aux armées, dans les Annales révolutionnaires, 1911, t. IV, p. 532-534.

(56) n ne peut s'agir ici que du premier rapport de Saint-Just fait devant les Comités et que Robespierre a sous les yeux quand il écrit ses notes.

(57) "Tu donnas des ordres pour sauver Duport; il s'échappa au milieu d'une émeute concertée à Melun par tes émissaires pour fouiller une voiture d'armes." (Saint-Just, p. 12). Adrien Duport fut détenu dix jours dans les prisons de Melun. Un jugement du tribunal de cette ville, rendu sur l'initiative de Danton, le remit en liberté le 17 septembre 1792. Voir les lettres de Danton publiées par Mortimer-Ternaux, Histoire de la Terreur, t. III, p. 354 et 557. Robespierre présente les faits d'une façon plus exacte que Saint-Just.

(58) Sur le rôle de Danton dans l'élargissement des deux chefs feuillants Charles Lameth et Adrien Duport, voir les extraits des mémoires de Théodore Lameth, que nous avons publiés dans les Annales révolutionnaires, 1913, t. VI, p. 9-13 et 17-27. Avec son cynisme ordinaire, Danton prétendra devant le tribunal révolutionnaire qu'il avait donné "les ordres les plus précis pour arrêter Duport".

(59) Voir la conversation que Robespierre eut avec Petion et Danton à la Commune, le 4 septembre, dans la brochure de Petion intitulée: Discours sur l'accusation intentée à Robespierre, Bûchez et Roux, t. XXI, p. 107-108.

(60) Ce passage n'est que le développement d'une note plus sommaire de Robespierre, que nous avons publiée en tête, p. 84.

(61) Exact. Voir la lettre de Kellermann, en date du 21 septembre 1792, où il fait un vif éloge de Dumouriez. Archives parlementaires, t. LII, p. 100.

(62) Voir le discours de Dumouriez à la barre de la Convention le 12 octobre 1792. Archives parlementaires, t. LII, p. 472.

(63) "Les traîtres n'étoient que trop unis pour notre malheur: dans toutes leurs lettres à la Convention, dans leurs discours à la barre, ils se traitoient d'amis et tu étois le leur. Le résultat de l'ambassade de Fabre fut le salut de l'armée prussienne, à des conditions secrètes que ta conduite expliqua depuis." (Saint-Just, p. 13.)

(64) Mot barré: or (France).

(65) Mots barrés: qui se croient (France).

(66) "Le parti de Brissot accusa Marat; tu te déclaras son ennemi; tu t'isolas de la Montagne dans les dangers qu'elle courait. Tu te fis publiquement un mérite de n'avoir jamais dénoncé Gensonné, Guadet et Brissot, tu leur tendois sans cesse l'olivier, gage de ton alliance avec eux contre le peuple et les républicains sévères. La Gironde te fit une guerre feinte…" (Saint-Just, p. 12.)

(67) Le 4 septembre à la mairie.

(68) "Méchant homme, tu as comparé l'opinion publique à une femme de mauvaise vie; tu as dit que l'honneur étoit ridicule, que la gloire et la postérité étoient une sottise." (Saint-Just, p. 17.)

(69) Mots barrés: tous les soirs (France).

(70) Exact. On n'a que l'embarras de les nommer: Westermann, Fabre d'Eglantine, Villain dit d'Aubigny, Latouche-Chephtel, Lalligant-Morillon, Osselin, etc.

(71) "Tu disois que des maximes sévères feroient trop d'ennemis à la République." (Saint-Just, p. 14.)

(72) Mots barrés: il me disoit un jour (France).

(73) Mot barré: me (France).

(74) Mots barrés: en feignant de partager nos principes (France).

(75) "Tu te trouvois dans des conciliabules avec Wimpfen et d'Orléans." (Saint-Just, p. 14.) Saint-Just a supprimé le nom de Robert.

(76) Mot barré: persuader (France).

(77) Mot barré: impuissante (France).

(78) Mots barrés: de l'Univ… (France).

(79) Chabot dans sa réponse à Lanjuinais (séance de la Convention du 16 décembre 1792) et Camille Desmoulins (dans son Histoire des Brissotins) ont reconnu que Robespierre combattit la candidature de Philippe-Egalité à la Convention.

(80) Saint-Just a inséré tout ce passage dans son rapport: "Ce fut toi qui fis nommer Fabre et d'Orléans à l'assemblée électorale où tu vantas le premier comme un homme très adroit et où tu dis du second que, prince du sang, sa présence au milieu des représentants du peuple leur donneroit plus d'importance aux yeux de l'Europe. Chabot vota en faveur de Fabre et d'Orléans" (p. 12).

(81) Mot barré: présentée (France).

(82) C'est le 27 mars 1793, au moment où les premiers bruits de la trahison de Dumouriez arrivaient à Paris, que Robespierre proposa à la Convention de décréter que tous les parents de Capet seraient tenus de sortir sous huit jours du territoire français.

(83) Mot barré: cherchèrent (France).

(84) C'est dans la séance du 4 avril 1793 que Philippe-Egalité et Sillery furent décrétés d'arrestation à vue, sous la garde d'un gendarme. Sillery demanda lui-même que les scellés fussent apposés sur ses papiers. "Quand il s'agira de punir les traîtres, dit-il, si mon gendre est coupable, je suis ici devant l'image de Brutus; je fais le jugement qu'il porta contre son fils." (Archives parlementaires, t. LXI, p. 301).

(85) "Fabre et toi fûtes les apologistes de d'Orléans, que vous vous efforçâtes de faire passer pour un homme simple et très malheureux; vous répétâtes souvent ce propos. Vous étiez sur la Montagne le point de contact et de répercussion de la conjuration de Dumouriez, Brissot "t d'Orléans." (Saint-Just, p. 16.)

(86) Mot barré: maintenant (France).

(87) Mots barrés: il avoit été le rédacteur (France).

(88) Mots barrés: si on ne suppose pas un concordat tacite entre lui et La Fayette (France). Tout cet alinéa a passé presque textuellement dans le rapport de Saint-Just (p. 10 et 11). Sur le rôle de Danton dans l'affaire du Champ-de-Mars, voir mon livre sur Le Club des Cordeliers pendant la crise de Varennes et l'article de M. G. Rouanet: Danton en juillet 1791, dans les Annales révolutionnaires, 1910, t. III, p. 514-521.

(89) "Que dirai-je de ton lâche et constant abandon de la cause publique au milieu des crises, où tu prenois toujours le parti de la retraite?" (Saint-Just, p. 11.)

(90) Mots barrés: contre les persécutions (France).

(91) Voir notre article: Danton sous la Législative, dans les Annales révolutionnaires, t. V. 1912, p. 301-324, et notre livre Danton et la Paix.

(92) Mots barrés: une portion (France).

(93) Mots barrés: que son intention étoit de (France).

(94) Sur les intrigues de Danton et de ses amis avec la Cour, à la veille du 10 août, voir notre article: Westermann et la Cour à la veille du 10 août (Annales révolutionnaires, 1917, t. IX, p. 398 et sq.) et l'extrait des Essais historiques de Beaulieu sur les rapports de Fabre d'Eglantine avec le ministre de la Marine Dubouchage (Annales révolutionnaires, 1914, t. VII, p. 565). Tout ce passage des notes de Robespierre a passé dans le rapport de Saint-Just (p. 11 et 12). Le mémorial de Lucile Desmoulins confirme l'exactitude des notes de Robespierre sur l'attitude de Danton dans la nuit du 9 au 10 août.

(95) Mot barré: comment (France).

(96) "Tu nous avois dit: je n'aime point Marat." (Saint-Just, p. 15.) C'est à la séance du 25 septembre 1792 que Danton répondit aux attaques girondines en désavouant Marat. "Il existe, il est vrai, dans la députation de Paris, un homme dont les opinions sont pour le parti républicain ce qu'étoient celles de Royou pour le parti aristocratique: c'est Marat. Assez et trop longtemps on m'a accusé d'être l'auteur des écrits de cet homme. J'invoque le témoignage du citoyen qui vous préside [Petion]…, etc."

(97) Quand Louvet attaqua Robespierre, le 29 octobre 1792, Danton garda en effet le silence sur ses accusations. Dans cette même séance, il se désolidarisa une fois de plus d'avec Marat et il ajouta: "Je le déclare hautement, parce qu'il est temps de le dire, tous ceux qui parlent de la faction Robespierre sont à mas yeux ou des hommes prévenus ou de mauvais citoyens."

(98) Mots barrés: il se vanta même (France).

(99) Voir notamment le discours de Danton, en date du 21 janvier 1793: "Je vous interpelle, citoyens, vous qui m'avez vu dans le ministère, de dire si je n'ai pas porté l'union partout. Je vous adjure, vous Petion, vous Brissot, je vous adjure tous, car enfin, je veux me faire connaître; je vous adjure tous, car enfin je veux être connu, etc." Celui du 27 mars 1793: "Etouffons nos divisions; je ne demande pas de baisers partiels, les antipathies particulières sont indestructibles, mais il y va de notre salut…"

(100) Mots barrés: se défendit (France).

(101) Allusion à la séance du 1er avril 1793. Accusé par Lasource de complicité avec Dumouriez, Danton se taisait quand l'extrême gauche se leva tout entière et l'invita à monter à la tribune pour se disculper.

(102) Mots barrés: il commençait par un éclat de tonnerre et finissait par des propositions de paix. Il montrait la colère du p… (France).

(103) Mots barrés: parla comme un orateur du côté droit (France). Voir les séances de la Convention des 27 et 30 mars 1793.

(104) Danton défendit adroitement le général Stengel contre Carra, à la séance du 10 mars 1793; quand ce général et son collègue Lanoue furent interrogés à la barre, le 28 mars, Danton intervint encore en leur faveur.

(105) Danton fit l'éloge de Beurnonville à la séance du 11 mars 1793. Tout l'essentiel de ce passage est passé dans le rapport de Saint-Just: "Dans les débats orageux, on s'indignoit de ton absence et de ton silence; toi, tu parfois de la campagne, des délices de la solitude et de ta paresse; mais tu savois sortir de ton engourdissement pour défendre Dumouriez, Westermann, sa créature vantée et les généraux ses complices" (p. 13).

(106) Danton demande de nouvelles levées d'hommes le 10 mars, le 27 mars, le 31 mars 1793. Saint-Just a repris, en l'aggravant, l'accusation de Robespierre: "Tu savois amortir le courroux des patriotes; tu faisois envisager nos malheurs comme résultant de la foiblesse de nos armées, et tu détournois l'attention de la perfidie des généraux pour t'occuper des nouvelles levées d'hommes" (p. 13). Saint-Just a même soupçonné que Danton poussait à ces levées dans une intention scélérate: "A ton retour de la Belgique, tu provoquas la levée en masse des patriotes de Paris pour marcher aux frontières. Si cela fût alors arrivé, qui auroit résisté à l'aristocratie qui avoit tenté plusieurs soulèvements? Brissot ne désiroit point autre chose, et les patriotes mis en campagne n'auroient-ils pas été sacrifiés? Ainsi se trouvoit accompli le voeu de tous les tyrans du monde pour la destruction de Paris et de la liberté" (p. 14).

(107) Voir l'article de M. G. Rouanet: Danton et la mort de Louis XVI (Annales révolutionnaires, 1916, t. VIII, p. 1-33); et nos articles: Danton, Talon, Pitt et la mort de Louis XVI (Ibid., p. 367-376), Danton, Dannon, Pitt et M. J. Holland-Rose (Ibid., t. IX, p. 103 sq.) et notre livre Danton et la Paix.

(108) C'est dans son discours du 1er avril 1793 que Danton fit l'éloge de Delacroix: "Oui, sans doute, j'aime Delacroix; on l'inculpe parce qu'il a eu le bon esprit de ne pas partager, je le dis franchement, je le tiens de lui, parce qu'il n'a pas voulu partager les vues et les projets de ceux qui ont cherché à sauver le tyran…, parce que Delacroix s'est écarté, du fédéralisme et du système perfide de l'appel au peuple…, etc." (Discours de Danton, édition Fribourg, p. 352-353).

(109) Saint-Just a accentué dans son rapport ce passage de Robespierre: "Tu t'associas dans tes crimes Lacroix, conspirateur depuis longtemps décrié, avec l'âme impure duquel on ne peut être uni que par le noeud qui associe des conjurés. Lacroix fut de tout temps plus que suspect: hypocrite et perfide, il n'a jamais parlé de bonne foi dans cette enceinte; il eut l'audace de louer Mirabeau; il eut celle de proposer le renouvellement de la Convention; il tint la même conduite que toi avec Dumouriez; votre agitation étoit la même pour cacher les mêmes forfaits. Lacroix a témoigné souvent sa haine pour les jacobins" (p. 13).

(109 bis) France fait remarquer que les huit alinéas précédents sont bâtonnés sur le manuscrit.

(110) Mot barré: douleur (France).

(111) Mots barrés: voulant faire arrêter (France).

(112) Le dimanche 2 juin 1793, au moment où la Convention s'aperçut qu'elle était cernée par la garde nationale parisienne, Danton s'indigna, demanda une enquête du Comité de Salut public et s'écria: "Je me charge, en son nom, de remonter à la source de cet ordre [donné par Hanriot]. Vous pouvez comptez sur son zèle à vous présenter les moyens de venger vigoureusement la majesté nationale, outragée en ce moment."

(113) Mots barrés: bassesse et le lâche syst… (France).

(114) Mots barrés: après avoir fait cet ouvrage, il aborde Hanriot à la buvette et… (France).

(115) Mots barrés: que lui et quelques-uns de ses collègues (France).

(116) "Tu vis avec horreur la révolution du 31 mai. Hérault, Lacroix et toi demandâtes la tête d'Hanriot, qui avoit servi la liberté, et vous lui fîtes un crime du mouvement qu'il avoit fait pour échapper à un acte d'oppression de votre part. Ici, Danton, tu déployas ton hypocrisie: n'ayant pu consommer ton projet, tu dissimulas ta fureur; tu regardas Hanriot en riant, et tu lui dis: N'aie pas peur, vas toujours ton train, voulant lui faire entendre que tu avois eu l'air de blâmer par bienséance, mais qu'au fond tu étois de son avis. Un moment après tu l'abordas à la buvette et lui présentas un verre d'un air caressant, en lui disant: Point de rancune. Cependant, le lendemain tu le calomnias de la manière la plus atroce, et tu lui reprochas d'avoir voulu t'assassiner. Hérault et Lacroix t'appuyèrent." (Saint-Just, p. 16.)

(117) Dans le rapport de Saint-Just, ces traits précis ont disparu sous cette affirmation vague: "Ne t'es-tu pas opposé à la punition des députés de la Gironde?" (p. 16).

(118) C'est à la séance du 7 juin 1793 que Danton fit cette proposition.

(119) "Mais n'as-tu pas envoyé depuis un ambassadeur à Petion et à Wimpfen dans le Calvados?" (Saint-Just, p. 16). Voir à ce sujet notre étude: Danton et Louis Comte, dans les Annales révolutionnaires, 1912, t. V, p. 641-660.

(120) A la séance du 11 août 1793, Delacroix déclara que la mission de la Convention était terminée et qu'on devait prendre les mesures nécessaires pour mettre en vigueur la Constitution nouvelle proclamée la veille dans la grande Fédération anniversaire du 10 août Saint-Just a retenu ce grief (p. 20).

(121) Le 6 pluviôse, Delacroix fit voter par acclamation la suppression de l'esclavage dans les colonies françaises. Danton appuya Delacroix. On voit que Robespierre désapprouvait cette politique qu'il avait déjà blâmée comme imprudente quand Brissot en était le protagoniste. Saint-Just a laissé tomber cette observation de Robespierre.

(122) Mot barré: Constitution (France).

(123) Mots barrés: il mettroit (France).

(124) Saint-Just a développé tout ce passage: "Tu provoquas une insurrection dans Paris; elle étoit concertée avec Dumouriez; tu annonças même que s'il falloit de l'argent pour la faire, tu avois la main dans les caisses de la Belgique. Dumouriez vouloit une révolte dans Paris pour avoir un prétexte de marcher contre cette ville de la liberté, sous un titre moins défavorable que celui de rebelle et de royaliste. Toi qui restois à Arcis-sur-Aube avant le 9 août, opposant ta paresse à l'insurrection nécessaire, tu avois retrouvé ta chaleur au mois de mars pour servir Dumouriez et lui fournir un prétexte honorable de marcher sur Paris. Desfieux, reconnu royaliste et du parti de l'étranger, donna le signal de cette fausse insurrection. Le 10 mars, un attroupement se porta aux Cordeliers, de là à la Commune…" (Saint-Just, p. 14-15.)

(125) Le bruit courut en effet qu'une amnistie générale serait votée pour la fédération du 10 août, et Hébert consacra à la combattre plusieurs numéros du Père Duchesne. A la séance du 2 août, comme une députation de Nantais demandait l'indulgence en faveur du général Beysser et du député Coustard, compromis dans la révolte fédéraliste, Danton profita de l'occasion pour insinuer l'idée de l'amnistie: "La Convention, dit-il, sait que les hommes égarés se réuniront toujours à la masse, mais elle a cru différer à la conversion de ceux qui veulent fédéraliser le peuple… Elle désire que, le 10 août, vous resserriez le noeud de la fraternité." Saint-Just a relevé à la charge de Danton cette proposition indirecte d'amnistie (p. 15). Sur cette amnistie, voir notre livre Danton et la Paix.

(126) France nous apprend que les trois alinéas précédents sont biffés d'un trait sur le manuscrit.

(127) On lit en effet dans le "précis et relevé des matériaux sur la conspiration dénoncée par Chabot et Bazire", que nous avons publié sous le titre: Un rapport dantoniste sur la conspiration de l'étranger, sous la rubrique faits, la phrase suivante: "les dénonciations contre Dillon, Castellane, etc." (Annales révolutionnaires, 1916, t. VIII, p. 255). Il ne me semble donc pas douteux que c'est à ce document que se réfère Robespierre, et il est ainsi prouvé, comme je l'avais supposé dès le premier moment, que ce rapport anonyme est bien l'oeuvre de Fabre d'Eglantine.

(128) Desmoulins essaya de prendre la défense du royaliste Dillon, d'abord à la tribune de la Convention, le n juillet 1793, puis dans un pamphlet qu'il intitula Lettre au général Dillon en prison aux Madelonnettes. Voir, sur l'affaire Dillon, la fin de notre article: Les divisions de la Montagne, la chute de Danton (Annales révolutionnaires, 1913, t. VI, p. 228 sq.).

(129) Saint-Just, dans son rapport, est très bref sur Westermann. Il se borne à le qualifier sommairement de complice de Dumouriez. Il est certain que l'aventurier alsacien échappa à toutes les poursuites aussi longtemps que les dantonistes furent influents. En avril 1793, il sort blanchi de l'enquête ordonnée contre lui pour sa conduite à Lille au moment de la trahison de Dumouriez (Voir notre article: Westermann et la Cour à la veille du 10 août). En juillet 1793, enquêté de nouveau pour son rôle dans la défaite de Châtillon-en-Vendée, il est de nouveau blanchi par Julien de Toulouse, malgré les adjurations de Marat, qui attaque à ce sujet Danton, etc. Quand Fouquier-Tinville décerna un mandat d'arrêt contre Westermann, comme compromis dans le procès de Fabre et de ses complices, Couthon dut faire ratifier l'arrestation par la Convention elle-même, parce que, dit-il, le 13 germinal, "il existe un décret qui porte que le général ne pourra être mis en état d'arrestation sans qu'au préalable la Convention en ait été instruite". Il s'agit du décret du 18 nivôse an II rendu sur la motion de Lecointre.

(130) Danton fit voter, le 8 mars 1793, la nomination des commissaires de la Convention, qui se rendirent, le soir même, dans les sections de Paris pour enrôler les citoyens.

(131) On a vu plus haut que Saint-Just a adopté la version de Robespierre.

(132) Sur ce personnage, consulter mon livre La Révolution et les Etrangers, p. 104 et sq. Saint-Just a reproduit presque textuellement dans son rapport ces phrases de Robespierre (p. 15).

(133 et 134) Ces phrases ont passé presque littéralement dans le rapport de Saint-Just (p. 15). On trouvera les manifestes de Dumouriez: au tome LXI des Archives parlementaires.

(135) Le 10 avril 1793, les autorités girondines de Bordeaux saisirent, sur un courrier extraordinaire que le jacobin Desfieux envoyait à Toulouse, une série de correspondances très compromettantes, parmi lesquelles une lettre de Desfieux à son ami Grignon, qui ne laissaient aucun doute sur les projets d'insurrection du parti montagnard. Boyer-Fonfrède donna lecture de ces pièces à la Convention le 18 avril (Archives parlementaires, t. LXII). Desfieux avait obtenu du ministre des Affaires étrangères Lebrun, qui déjà l'avait envoyé en mission auprès de Dumouriez, une subvention de 4 000 livres pour payer les frais du courrier extraordinaire envoyé dans le Midi. Il dut en convenir lors de son procès au tribunal révolutionnaire. Les jacobins clairvoyants s'étonnèrent que Lebrun, dont les sympathies girondines étaient notoires, ait accordé une telle subvention à Desfieux qui ne cessait de dénoncer les girondins à la tribune du club et qui avait été un des principaux organisateurs du mouvement du 10 mars. Ils soupçonnèrent que Desfieux était de mèche avec les girondins et que l'arrestation du courrier envoyé à Bordeaux et à Toulouse était un coup monté. (Voir la déposition de Dufourny au procès d'Hébert). Ces soupçons prenaient une grande vraisemblance de l'attitude équivoque de Desfieux, qu'une pièce de l'armoire de fer (pièce 201) montrait comme un agent de la Cour en mars 1791, et dont le rôle dans la trahison de Dumouriez paraissait très louche. Desfieux avait d'ailleurs une fort mauvaise réputation. Il était intéressé avec Chabot au tripot de la Sainte-Amaranthe au Palais-Royal, et il fut accusé, lors de son procès, de percevoir dans ce tripot le dixième du produit du jeu, de part à demi avec Chabot. Quand celui-ci fut arrêté, un des premiers soins de Robespierre fut de faire mettre Desfieux sous les verroux. Comparez avec le texte de Robespierre le rapport de Saint-Just (p. 15): "Desfieux fit arrêter ses propres courriers à Bordeaux, ce qui donna lieu à Gensonné de dénoncer la Montagne et à Guadet de déclamer contre Paris."

(136) "Desfieux déposa depuis en faveur de Brissot au tribunal révolutionnaire" (Saint-Just, p. 15). Desfieux déposa, le 8 brumaire, au procès des girondins. Le texte de sa déposition, telle qu'elle est transcrite au Moniteur, est hostile à Brissot. Mais il est possible que les passages favorables à celui-ci aient été supprimés. Un dialogue s'engagea entre Desfieux et Brissot au cours de la déposition du premier. Brissot contesta certains faits et Desfieux ne lui répondit pas.

(137) Voir mon étude: Fabre d'Eglantine inventeur de la Conspiration de l'Etranger, dans les Annales révolutionnaires, 19x6, t. VIII, p. 311-335.

(138) L'agent de change Boucher déposa, le 4 frimaire, devant l'administration de police de la commune de Paris, que Proli déjeunait assez souvent chez lui avec Fabre d'Eglantine, Richer-Sérizy, Bentabole, etc. (Archives nationales, W 76).

(139) La déclaration de Fabre d'Eglantine, faite le 28 brumaire au Comité de Sûreté générale, ligure dans le recueil intitulé Pièces trouvées dans les papiers de Robespierre, imprimées en exécution du décret du 3 vendémiaire an III, p. 81-84. Voir mon livra sur L'affaire de la Compagnie des Indes.

(140) "Fabre professoit alors [pendant le ministère de Danton] hautement le fédéralisme et disoit qu'on diviseroit la France en quatre parties" (Saint-Just, p. 12). Je n'ai pas retrouvé le document où Fabre aurait exprimé l'opinion qui lui est reprochée par Robespierre et par Saint-Just.

(141) Mot barré: chef (France). Robespierre est revenu sur Proli dans son rapport sur la conspiration de l'étranger, publié dans les pièces trouvées chez lui en l'an III.

(142) Voir notre étude: Hérault de Séchelles était-il dantoniste? dans notre livre La Conspiration de l'Etranger.

(143) Mots barrés: il a été en relations avec tous les conspirateurs (France).

(144) Mots barrés: espions des cours (France).

(145) Au tribunal révolutionnaire, Hérault reconnut qu'il avait correspondu, en 1792, avec un prêtre réfractaire; mais il prétendit qu'il lui avait donné de bons conseils: "Je lui conseillois de se conformer aux lois et de ne point se plaindre de l'espèce d'anarchie dans laquelle nous vivions…" (Bulletin du tribunal, 4e partie, n° 23.)

(146) Il s'agit d'une lettre de Henin, notre chargé d'affaires à Constantinople, qui transmit au Comité de Salut public, le 11 novembre 1793, une communication écrite qu'il avait reçue de l'ambassadeur d'Espagne à Venise Las Cazas, contenant des révélations sur les séances du Comité de Salut public. Voir à ce sujet mon article: L'histoire secrète du Comité de Salut public, dans la Revue des questions historiques de janvier 1914. Barère déclare dans ses mémoires (t. II, p. 159-165) que Hérault avait fait porter chez lui une grande quantité de papiers diplomatiques qu'il aurait confiés à Proli, son ami. Comparez avec le texte de Robespierre le rapport de Saint-Just, p. 20: "Alors Hérault, qui s'étoit placé à la tête des affaires diplomatiques, mit tout en usage pour éventer les projets du gouvernement. Par lui les délibérations les plus secrètes du Comité sur les affaires étrangères étoient communiquées aux gouvernements ennemis."

(147) Pons de Boutier de Catus fut arrêté, le 25 ventôse an II, dans la maison de Hérault, par le Comité de surveillance de la section Le Peletier (Arch. nat. F7 4635). Hérault et Simond allèrent le réclamer. Déjà Hérault était allé réclamer Proli à la même section, quand elle l'avait mis en arrestation le 12 octobre 1793. Voir les lettres de l'administrateur de police Blandier, en date de ce jour (Arch. nat. F7 4574 83).

(147) Simond avait accompagné Hérault de Séchelles dans sa mission du Mont-Blanc. Il était lié, comme Hérault lui-même, avec le parti hébertiste. Du Mont-Blanc, il avait ramené une des soeurs de Bellegarde, dont l'autre, femme d'un colonel au service de la Sardaigne, était la maîtresse d'Hérault.

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[Transcriber's notes: Maximilien Robespierre (1758-1794), Discours couronné par la Société royale des arts et sciences de Metz, sur les questions suivantes, proposées pour sujet du prix de l'année 1784: 1° Quelle est l'origine de l'opinion qui étend, sur tous les individus d'une même famille, une partie de la honte attachée aux peines infamantes que subit un coupable? 2° Cette opinion est-elle plus nuisible qu'utile? 3° Dans le cas où l'on se déciderait pour l'affirmative, quels seraient les moyens de parer aux inconvénients qui en résultent?

Texte du discours imprimé

Transcrit en français moderne]

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