Note (retour) — CHAPITRE III.
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Or pour revenir à la continuation de nostre routte108, entrant dans la riviere il y a de belles isles qui sont fort agréables, comme des prairies, Je fus jusques à un lieu où les Sauvages nous guidèrent, qui n'a pas plus de demy quart de lieue de large, & à quelque deux cents pas de la terre de l'ouest y a un rocher à fleur d'eau, qui est dangereux. De là à l'isle haute y a quinze lieues: & depuis ce lieu estroit (qui est la moindre largeur que nous eussions trouvée) après avoir fait environ 7 ou 8 lieues, nous rencontrasmes une petite riviere, où auprès il fallut mouiller l'anchre; d'autant que devant nous y vismes quantité de rochers qui descouvrent de basse mer; & aussi que quand nous eussions voulu passer plus avant, il eust esté impossible de faire demie lieue, à cause d'un sault d'eau qu'il y a, qui vient en talus de quelque 7 à 8 pieds, que je veis allant dedans un canau, avec les Sauvages que nous avions, & n'y trouvasmes de l'eau que pour un canau: mais passé le sault, qui a environ deux cents pas de large, la riviere est belle & plaisante, jusques au lieu où nous avions mouillé l'anchre. Je mis pied à terre pour voir le pays, & allant à la chasse je le trouvay fort plaisant & agréable en ce que j'y fis de chemin, & semble que les chesnes qui y sont ayent esté plantez 72/728par plaisir. J'y veis peu de sapins, mais bien quelques pins à un costé de la riviere; tous chesnes à l'autre, & un peu de bois taillis qui s'estendent fort avant dans les terres: & diray que depuis l'entrée où je fus, qui sont environ 25 lieues, je ne veis aucune ville, ny village, ny apparence d'y en avoir eu, mais bien une ou deux cabannes de Sauvages, où il n'y avoit personne, lesquelles estoient faites de la mesme façon que celles des Souriquois, couvertes d'escorces d'arbres; & à ce que j'ay peu juger, il y a peu de Sauvages en icelle riviere, qu'on appelle aussi Pemetegoit109. Ils n'y viennent non plus qu'aux isles, que quelques mois en esté durant la pesche du poisson, & la chasse du gibbier, qui y est en quantité. Ce sont gens qui n'ont point de retraite arrestée, à ce que j'ay recognu, & appris d'eux: car ils hyvernent tantost en un lieu, & tantost à un autre, où ils voyent que la chasse des bestes est meilleure, dont ils vivent quand la necessité les presse, sans mettre rien en reserve pour subvenir aux disettes qui sont grandes quelquefois.