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Nouveau Glossaire Genevois, tome 1/2

C (continued 2)

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CROU-YE ou CROUILLE, adj. Mauvais, grossier, gâté, en mauvais état. Se dit des personnes et des choses. Une crou-ye marchandise; un crou-ye habit; un crou-ye déjeuné; une crou-ye auberge. Michel Godineau est un crou-ye sujet, mais son fils est plus crou-ye encore. Terme suisse-roman. Crou-ye s'emploie aussi dans le sens de: Chétif, malade, malingre, souffreteux, cacochyme. Oui, Madelon, je suis bien crou-ye aujourd'hui. Notre cousin Godefroi n'est pas des plus vigoureux, mais il n'est pas des plus crou-yes.

CROU-YERIE, s. f. Objet de nulle valeur.

CRÛ, s. m. Crue, croissance. Faire son crû. Se dit des animaux et de l'homme. Voilà un beau poulain qui aura bientôt fait tout son crû. Terme vieux français.

CRUE, adj. fém. Écrue. Toile crue, toile qui n'a pas été blanchie. Soie crue, soie qui n'a pas été mise à l'eau bouillante. Terme dauphinois, etc.

CRULLION, s. m. (ll mouillés.) Fer pour attiser le feu, fourgon. [P. G.] Dans le canton de Vaud on dit: Crullion et crouillon.

CUARD, s. m. Terme de boucherie. Cimier, filet, pièce de bœuf charnue, prise sur le quartier de derrière.

CUCHET, s. m. Terme rural. Veillotte, petit tas de foin qu'on forme sur les prés. Mettre le foin en cuchets. Étendre les cuchets; s'ébattre sur les cuchets. Terme vaudois. Dans le vieux français, cuche veut dire: Tas de foin, meule de paille. En provençal, cucha, mettre les gerbes en tas.

CUEILLER ou CUEILLÈRE, s. f. Orthographe et prononciation vicieuses des mots «Cuiller» et «Cuillère,» qui sont tous deux français et se prononcent tous deux kuillère.

CUEILLIR, v. a. Beaucoup de personnes prononcent ku-llir (ll mouillés), au lieu de keu-llir. Plusieurs personnes aussi disent au futur: Je cueillirai, tu cueilliras, etc., au lieu de: Je cueillErai, tu cueillEras, etc. Cette forme, je cueillirai, appartient à l'ancienne langue française.

CUEILLIR, v. a. (fig.) Cueillir du linge, signifie: Ramasser du linge. Cueillir les thèmes des écoliers, signifie: Les recueillir, les rassembler.

CUEILLIR, v. a. (fig.) Gagner. Cueillir un mal. Cueillir la petite vérole. La coqueluche se cueille.

CUER ou COUER, s. m. (Faites sonner l'r.) Cuir, peau. Entre cuer et chair. Terme vieux français.

CUIRE, v. a. et n. Votre lait va cuire, Colette; votre lait cuit déjà. Dites: «Votre lait va bouillir; votre lait bout déjà.»

CUISON, s. f. Action de cuire ou de faire cuire. La cuison du pain, la cuison de la viande. La cuison que fait éprouver une plaie. Le mot français est «Cuisson.»

CUISSE-DAME, s. f. Cuisse-madame, sorte de poire.

CUIT, partic. masc. Beurre cuit. Accommoder avec du beurre cuit. Toupines de beurre cuit. On dit en français: «Beurre fondu.»

CUIT, CUITE, adj. Pourri. Du bois cuit.

CUITE, s. f. Terme de laiterie. Recuite, petit-lait recuit, dernière qualité de petit-lait, c'est-à-dire, celui qui reste après qu'on en a fait le séret. La cuite sert à engraisser les cochons. Terme vaudois.

CUITE, s. f. État d'ivresse. Il a sa cuite (il est soûl).

CULOT, s. m. (fig.) Être culot, terme du jeu de billard, signifie: Être inférieur à son adversaire, avoir moins de points que lui. Cette expression, qui est sans doute connue ailleurs, n'est pas consignée dans les dictionnaires.

CULOTTE, s. f. (fig.) Gronderie, mercuriale, réprimande. Donner une culotte; recevoir une culotte. Un tel a eu sa culotte.

CULOTTES, s. f. pl. Dans sa chute, ses culottes furent déchirées. Il avait mis ce jour-là ses culottes du dimanche. Dites: «Sa culotte,» et n'employez le pluriel que lorsque vous parlez de deux ou de plusieurs culottes.

CUPESSE, s. f. Culbute, saut que l'on fait en mettant la tête en bas et les jambes en l'air. Quand nos jeunes écoliers apprirent qu'ils avaient congé, ils firent des cupesses de joie. Terme suisse-roman et savoisien. En cupesse, locution adverbiale, signifie: Sens dessus dessous, à la culbute. Mettre en cupesse (bouleverser). On déménageait; tout était en cupesse dans la maison.

CUPESSER, v. n. Tomber, faire une chute légère, se renverser. Se dit des personnes et des choses. La table où il écrivait cupessa. En voulant monter sur l'échelle, je cupessai. Ce terme appartient au style le plus familier. Employé figurément, il signifie: Faire faillite. La maison X., Y. et Cie vient de cupesser. Quelquefois ce verbe s'emploie à l'actif. Philibert se mit en rage et cupessa tout.

CUPLAT ou CUL-PLAT, s. m. Chute sur le derrière, casse-cul. Faire un cuplat. Les patineurs novices sont exposés à de continuels cuplats.

CURAFIFI, s. m. Vidangeur, gadouard, maître des basses-œuvres, nettoyeur de latrines. Terme connu dans le canton de Vaud. En Dauphiné et en Provence, on appelle les gens de cette profession cure-privés, et en Languedoc, maîtres fifi. [Voyez Villa, Nouveaux Gasconismes corrigés, t. 1, p. 232.] R. Fi! Fi!

CURE. Ce mot ne s'emploie que dans l'expression faire cure, qui se dit dans certains jeux, quand on ne fait aucun point, ou qu'on perd tout ce qu'on met sur jeu. C'est l'équivalent de: Être à sec, mettre à sec. [P. G.]

CURER, v. a. Curer un poisson, le vider. Curer une volaille, l'effondrer, c'est-à-dire, en ôter la poche, le gésier et la tripaille. Curer des pommes, c'est: Les cerner avec la pointe d'un couteau. Expressions méridionales.

CUSIN, s. m. Cousin, insecte.

CUTTRER ou CUTURER et COUTURER, v. a. Terme d'agriculture. Houer, labourer à la houe. Cuttrer des pommes de terre. En vieux français, on disait: Culturer.

CUVET, s. m. Nous appelons char à cuvets, ce qu'on nomme en français: «Chariot à hèches.»

CYTISE, s. f. De la cytise en fleur. Ce mot est masculin.

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