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Notes sur Laclos et Les Liaisons Dangereuses

APPENDICE

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Portrait du chevalier de Boufflers sous le nom de Fulber publié par Laclos dans la Galerie des Etats-généraux.

«Fulber eût été le plus heureux des hommes s'il avait pu demeurer toujours à vingt-cinq ans. Ecrits voluptueux, couplets amusants, vers agréables, cette foule de rieurs qui font le succès d'une jeunesse partagée entre l'amour et les talents, donnent une espèce de célébrité; mais lorsque la raison revient revendiquer ses droits, elle rougit des succès dus à de si petites causes. Fulber en est à ces tristes expériences; il a voulu faire succéder la vérité aux contes, la pensée au coloris, la méditation à la poésie. Quel a été son étonnement, lorsque l'habitude des choses frivoles a rendu pénible l'usage de l'esprit appliqué à des vues plus utiles.

«Fulber abonde dans ce qu'on appelle esprit, et il parle comme quelqu'un qui a besoin de ne rien perdre. Né sérieux, il veut être grave; bon, il veut être caustique; paresseux, il veut jouer le travailleur. Il court après les petits succès et paraît les dédaigner. A peine fut-il parvenu au fauteuil qu'il plaisanta sur les honneurs académiques. Il est né quatre-vingts ans trop tard. Du temps des Fontenelle, des La Mothe, des Gresset, il eût brillé sur le Parnasse français; à l'époque où nous nous trouvons, qu'est-ce que l'esprit tout seul, ou de l'esprit poétique, ou de l'esprit d'Académie, ou de l'esprit de boudoir, ou de l'esprit des soupers?—Nous évitons, à un certain âge, le ridicule des couleurs tendres, de la danse et autres amusements.

«Qui n'a pas l'esprit de son âge, De son âge a tout le malheur.»

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