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Notes d'un voyage en Corse

Note 71 — TOURS, CHATEAUX, FORTIFICATIONS, ETC.

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Le rocher sur lequel est bâti Bonifacio est complètement à pic et surplombe même la mer de presque tous les côtés. On montre encore deux escaliers taillés dans le roc et aboutissant à la grève étroite, souvent couverte par les flots. L’un servait aux moines du couvent de Sainte-Marie, pour descendre au bord de la mer, au moment où rentraient les pêcheurs qui leur devaient la dîme du poisson. L’autre escalier, suivant une tradition, aurait été taillé par les soldats d’Alphonse d’Aragon, qui prétendaient par ce moyen surprendre la ville, lors du mémorable siége qu’elle soutint en 1420. Mais il suffit de considérer la hauteur du rocher, qui s’élève abruptement de plus de 200 pieds, pour se convaincre qu’un semblable travail était absolument impossible à exécuter en présence d’un ennemi. On connaît la disposition singulière du port de Bonifacio dont l’entrée est si étroite qu’on la prendrait pour une rivière débouchant entre deux masses de rochers. Bloquer ce port, le fermer était chose facile. Les Aragonnais y parvinrent en tendant une chaîne d’un bord à l’autre de la passe. Sans doute les assiégés avaient prévu le danger longtemps d’avance, et s’étaient ménagé le moyen de communiquer avec la mer du côté opposé au port. C’est évidemment dans ce but que fut taillé l’escalier qu’on attribue aux Aragonnais. Probablement les courageux Bonifaciens qui vinrent annoncer l’arrivée de la flotte génoise montèrent par ce chemin, au lieu de se faire guinder par des poulies, eux et leur esquif, ainsi que le prétend Petrus Cyrneus, dans sa relation, beaucoup trop poétique, du siège de Bonifacio. P. Cyrnei, de Rebus Corsicis, p. 262.

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