PART TWO CERTAIN INTERIORS (continued 3)
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Mais je vous assure, mon cher, que ce paysage de Bécourt, Fricourt, Mametz n’était pas joyeux. C’était en juillet, et le soleil laissait tomber ses rayons sur les vallées larges, sur la poussière qui montait au ciel, sur les pentes, sur les bois noirs. Mais cette terre ne riait pas! Elle s’étendait loin, loin; et sous l’horizon bleu-gris se trouvaient les terrains auxquels personne ne voulait penser. Non, la nature, là, semblait terrible et funeste—territoire où le Destin aveugle et implacable devait se manifester à des millions d’êtres. Et puis nous y avons joué au cricket—et tout de suite ce paysage funeste et surhumain est devenu ... est devenu un champ de cricket!
Pour un intellectuel, un terrain restera un terrain, qu’on y voie en l’air des bombes, des obus ou une balle de tennis. Mais pour nous autres, un terrain où nous avons joué au cricket devient moins terrible, et nous y passerons nos jours avec plus de contentement, malgré les ossements des tombés qui se cachent sous la poussière des chardons énormes. C’est stupide, c’est sacrilège, si vous voulez. Mais nous sommes ainsi faits, nous autres qui sortons des grandes villes pour faire la guerre. Moi, je suis comme cela, j’ai senti comme cela, là-bas, derrière le bois de Bécourt, par un soir de juillet 1916.
Et je reste toujours votre affectionné, G.
P.S. Et je vous prie de remarquer que toutes les personnes que j’ai rencontrées entre Steenewerck et Paris parlaient l’anglais. C’est déjà quelque chose.
THE END