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Napoléon et Alexandre Ier (3/3)

Note (retour) — ALEXANDRE Ier

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Sachant parler aux femmes, il savait les faire parler et en tirait d'utiles renseignements: c'était l'une de ses principales sources d'informations. Puis il avait le don de flairer, dans le monde et la haute administration, les consciences d'accès facile, les hommes chez lesquels nos vicissitudes politiques avaient désorienté ou détruit le sens moral, et qui formaient le résidu impur de la Révolution; il s'adressait à eux de préférence, fréquentant aussi les salons de la colonie étrangère, où se rencontraient bon nombre d'individus qui servaient la France par nécessité ou par intérêt, sans que leur coeur eût changé de patrie. Les membres du corps diplomatique le traitaient en collègue, et lorsqu'il réussissait à se faire admettre dans l'intimité de leur cabinet, il «louchait» adroitement sur les papiers dont le bureau était couvert, surprenait à la dérobée quelques bribes de correspondance 55. Enfin, dans ses évolutions à travers la société parisienne, on le voyait tourner autour des jeunes gens qui sortaient des écoles militaires pour entrer dans les régiments; il cherchait à se lier avec nos officiers de demain, à gagner leur amitié, à s'ouvrir ainsi des vues sur toutes les parties de l'armée. En un mot, il était devenu à Paris l'oeil du Tsar, un oeil vigilant, indiscret, au regard aigu et plongeant: il se faisait aussi la main de son maître, qui l'employait à nouer des rapports plus étroits avec certains personnages de particulière importance 56.

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