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Napoléon et Alexandre Ier (3/3)

Note (retour) — ALEXANDRE Ier

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Dans les États officiellement unis à la France et inféodés à son système, on ne pouvait procéder que par un sourd travail de détachement: on agissait sur les rois par leurs entours, sur les ministres par leurs femmes, sur les pouvoirs par l'opinion. Ce n'était pas seulement à Berlin que le ministre de Russie s'environnait de nos ennemis et leur donnait le mot d'ordre; dans les cours secondaires de l'Allemagne, dans les royaumes de la Confédération, même jeu, mêmes incitations: en Bavière, selon le rapport d'un voyageur, le ministre de Russie Bariatinski s'est fait le chef d'un «parti anglo-russe, dans lequel il a fait entrer madame de Montgelas (femme du premier ministre). On cherche à jeter tous les soupçons possibles dans l'esprit du Roi, par rapport aux dispositions qu'on suppose à la France contre lui...... on travaille le peuple pour lui faire croire que la Bavière n'a pas un si grand besoin de l'alliance de la France, et qu'avec la protection de la Russie et de l'Angleterre elle peut se passer d'autres secours 53.» En se livrant à ce manège, les agents russes n'obéissaient pas aux instructions officielles de leur cour, dictées par Roumiantsof et toujours prudentes: ils cédaient à leurs propres inspirations, à leurs haines invétérées, et l'empereur Alexandre n'avait qu'à les laisser faire pour être servi selon ses intimes désirs. D'ailleurs, Koschelef était là pour les aiguillonner au besoin, pour faire signe à tous les gouvernements qui aspiraient à secouer le joug ou résistaient ouvertement à nos armes: c'est lui qui va ménager les premiers rapports entre son maître et les Cortès insurrectionnelles de Cadix, qui encouragera la résistance des Espagnols par l'espoir d'une grande diversion 54.

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