Note (retour) — ALEXANDRE Ier
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Le mécontentement ne s'arrête pas aux limites de l'Allemagne: il les dépasse de toutes parts. Sur le littoral, il se prolonge et redouble d'intensité en Hollande; là, une nationalité tenace résiste à l'absorption et ne veut pas mourir. Au sud de l'Allemagne, les vallées des Alpes recèlent un brasier de haines, l'ardent Tyrol, qui a eu en 1809 ses héros et ses martyrs. Les Alpes franchies, si l'observateur descend dans les plaines lombardes, s'il parcourt cette Italie que Bonaparte a naguère transportée et ravie, il constate que l'enthousiasme est mort et l'affection éteinte. Le pouvoir nouveau, par ses rigueurs méthodiques, fait regretter parfois les abus qu'il a détruits: il pèse trop lourdement sur le présent pour qu'on s'aperçoive du travail initiateur et fécond par lequel il jette les semences de l'avenir. Dès l'automne de 1810, Alexandre a fait prendre des renseignements sur l'état des esprits en Italie 32; il a pu constater l'impopularité du régime français, la résistance à la levée des impôts, au système continental, à la conscription surtout, et s'ajoutant aux atteintes du mal universel, l'indignation des consciences catholiques contre le monarque tyran du Pape et tourmenteur de prêtres. A l'extrémité de la Péninsule, Murat s'irrite du joug: il s'échappe en propos suspects et commence à regarder du côté de l'Autriche 33. D'un bout à l'autre de l'Europe centrale, Napoléon a perdu l'empire des âmes; son pouvoir universellement subi, illimité, écrasant, est pourtant précaire, car il ne repose plus que sur la force.