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Napoléon et Alexandre Ier (3/3)

Note (retour) — ALEXANDRE Ier

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Dans les semaines qui suivirent cet appel mystérieux, sa pensée mûrit et se précisa: toutes ses démarches, tous ses mouvements se fondèrent sur l'hypothèse d'une guerre offensive. Certes, l'audace était grande de s'attaquer au conquérant qui avait brisé cinq coalitions, et qui, débarrassé depuis deux ans de toutes guerres continentales hormis celle d'Espagne, semblait pour la première fois s'affermir et s'installer dans sa toute-puissance. Mais cette guerre d'Espagne, implacable et vengeresse, absorbait la majeure partie de ses forces: elle l'avait obligé à dégarnir l'Allemagne. Là, l'empereur Alexandre ne rencontrera devant lui que quarante-six mille Français d'abord, soixante mille ensuite. Napoléon, il est vrai, semble n'avoir qu'un signe à faire pour que trente mille Saxons, trente mille Bavarois, vingt mille Wurtembergeois, quinze mille Westphaliens «et autres troupes allemandes 2» se joignent à ses Français: de tous les points de l'horizon, d'autres corps viendront à la rescousse; depuis l'Elbe jusqu'au Tage, depuis la mer du Nord jusqu'à la mer Ionienne, l'Empereur dispose de toutes les armées régulières et prélève sur chaque peuple un tribut de soldats. Cependant, lorsque Alexandre regarde à la base de cette puissance sans précédent dans l'histoire, lorsque sa vue plonge dans les dessous de l'Europe en apparence immobilisée et soumise, il discerne en beaucoup de lieux un mécontentement qui s'exaspère, une disposition à la révolte qui lui promet des alliés; à considérer successivement les États qui s'échelonnent depuis ses frontières jusqu'à l'Atlantique, il se découvre partout des motifs d'entreprendre et d'oser.

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