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Napoléon et Alexandre Ier (3/3)

Note (retour) — ALEXANDRE Ier

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Metternich, malgré les attaches qu'on lui prête avec la cour des Tuileries, est obligé de composer avec ces puissances, et c'est merveille que de voir cet homme d'État équilibriste pencher alternativement des deux côtés, sans jamais perdre pied, et donner de l'espoir à tout le monde. Il sait, suivant les heures, changer de milieu et de langage: on le voit successivement en affaires avec la France et en coquetterie avec la Russie. Après avoir conféré le matin avec le comte Otto, représentant de l'Empereur, il dîne chez Razoumovski: le matin même, à côté du cabinet où il donne ses audiences, il fait répéter le ballet qui se dansera le soir à l'hôtel Razoumovski et où sa fille doit jouer le principal rôle; les diplomates qui viennent de l'entretenir n'en peuvent croire leurs oreilles, quand les échos de la chancellerie leur apportent le soupir mélodieux des violons ou le rythme entraînant d'un air de valse 24. Metternich participe lui-même aux divertissements qu'organise la colonie russe, et figure dans des tableaux vivants. Cette frivolité est en partie chez lui calcul politique, mais aussi le goût et le besoin de la société, la passion de la femme, l'attirent invariablement où l'on s'amuse et où l'on aime: Otto reconnaît lui-même que ses remontrances ne tiendront pas devant «un regard de la princesse Bagration 25». Sans parler de tous les arguments qui peuvent agir sur un ministre peu considéré et besogneux, Metternich résistera-t-il aux influences mondaines, quand elles s'uniront pour faire valoir auprès de lui l'appât tentateur que l'empereur de Russie compte présenter à l'Autriche?

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