Note (retour) — ALEXANDRE Ier
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Or, à Vienne plus qu'en aucun lieu du monde, les femmes ont la France et son gouvernement en exécration. Les triomphes du peuple révolutionnaire ont froissé leurs intérêts, diminué leur bien-être, meurtri leur orgueil: elles les jugent une calamité et plus encore une inconvenance; elles s'honorent d'une hostilité irréconciliable parce que la France a oublié son passé de grande dame pour se jeter aux bras d'un parvenu, et que Bonaparte n'est pas du monde. Au contraire, elles aiment et suivent la Russie, parce qu'elles y voient la puissance libératrice et vengeresse, parce que les Russes de Vienne, c'est-à-dire le groupe dont le comte Razoumovski est le chef, régentent la mode et gouvernent les vanités. Dans une ville où la cour se montre peu et vit mesquinement, où la noblesse est appauvrie d'argent et folle de plaisirs, la maison toujours ouverte de Razoumovski, cet hôtel «qui ressemble au palais d'un souverain 23», le salon de la princesse Bagration et celui de ses émules donnent à la société un centre et un point de ralliement: la coterie russe domine et entraîne toutes les autres par le prestige de son faste et sa remuante activité.