Note (retour) — ALEXANDRE Ier
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Cependant, ce n'est à Vienne ni l'armée, ni le grand public, ni la cour, qui impriment le mouvement et suggèrent les décisions. La grande puissance, celle devant qui tout le monde s'efface et s'incline, c'est la société: un composé de coteries aristocratiques, auxquelles se joint une brillante colonie d'étrangers. Nul n'échappe à l'influence des rapports de société, à l'empire des convenances, à la tyrannie des préjugés mondains. Le gouvernement de l'Autriche ressemble à un salon, de haute et aristocratique compagnie; il en a l'aspect élégant, les corruptions, la frivolité et les dédains. La galanterie s'y mêle à tout, les affaires se mènent au son des orchestres, se traitent sous l'éventail, et là, comme en tout salon bien ordonné, ce sont les femmes qui donnent le ton et président: «Malgré la grande austérité de moeurs du souverain,--écrit un diplomate,--elles ont plus d'influence qu'elles n'en eurent autrefois à Versailles 21.» Les unes dirigent l'opinion par «leurs charmes et leur complaisance», les autres par la force des situations acquises: derrière la milice des jeunes et jolies femmes apparaît la réserve imposante des douairières, «qui joignent au souvenir de leurs anciens exploits un grand nom, beaucoup de caractère et l'art de faire et de défaire les réputations 22».