Note (retour) — ALEXANDRE Ier
Reading edition
Sous le coup de ces déceptions simultanées, il y eut dans le mouvement de sa pensée arrêt et recul: à un brusque élan vers l'offensive succéda une reprise de fluctuations et d'incertitudes. Sans renoncer à son projet, il en suspendit l'exécution, quitte à y revenir en meilleure occurrence. Ses communications avec Czartoryski s'interrompirent ou au moins s'espacèrent: le prince reçut avis de n'avoir plus à compter sur une explosion immédiate. «J'ai dû, lui écrivait plus tard Alexandre, me résigner à voir venir les événements et à ne pas provoquer par mes démarches une lutte dont j'apprécie toute l'importance et les dangers 149....» Il ajoutait cependant que ni les idées qui l'avaient occupé, «ni la résolution de les mettre en oeuvre quand les circonstances s'y prêteront 150», ne l'avaient abandonné. Les dispositions militaires ne furent point révoquées: l'armée continua à se déployer en ordre de bataille; la Russie resta le bras levé, sans frapper, et s'immobilisa dans cette attitude.