Note (retour) — ALEXANDRE Ier
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En Prusse, où le cabinet persistait dans son double jeu, le Roi montrait plus de bon vouloir que d'énergie: le fond de sa pensée était qu'il se perdrait irrévocablement en risquant une prise d'armes, à moins que la Prusse, soutenue en arrière par les Russes, ne fût en même temps appuyée et épaulée sur sa gauche par l'Autriche. Or, il savait que l'Autriche répugnait essentiellement à entrer dans une coalition nouvelle: même, sur la foi de rapports exagérés, il croyait que Metternich et son maître s'étaient livrés sans réserve à Napoléon et ne demandaient qu'à trahir activement la cause européenne; il le faisait dire à Pétersbourg par des intermédiaires secrets, conseillait instamment la prudence 147. Dans plusieurs parties de l'Allemagne, à côté des haines persistantes contre la France, il était facile de démêler un contre-courant d'opinion défavorable à la Russie. L'ukase prohibitif en était la cause; en fermant l'empire à toutes les importations par terre, cet acte rigoureux n'avait pas seulement lésé la France: il préjudiciait gravement au commerce et à l'industrie germaniques, qui perdaient un de leurs principaux débouchés. Dans les régions industrielles, comme la Saxe, cette rupture économique avait été accueillie avec colère: elle suscitait des plaintes, des récriminations vives, et attirait au Tsar une sorte d'impopularité 148. De tous côtés, Alexandre voyait se lever des résistances imprévues et apercevait des obstacles qui lui barraient la route.