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Napoléon et Alexandre Ier (3/3)

Note (retour) — ALEXANDRE Ier

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Les propositions de Koschelef, la lettre du Tsar, avaient mis Metternich en éveil: à quelques jours de là, il eut avec Stackelberg une conversation qui le laissa rêveur. L'envoyé russe, après lui avoir confié qu'il possédait le secret de son maître et montré comme preuve «une lettre écrite en entier» de la main d'Alexandre, fit allusion à certaines éventualités: «Dans le cours de mon entretien avec lui, écrivait Metternich à son souverain, j'ai remarqué certaines tournures de phrases qui me firent supposer qu'un jour, étant données certaines circonstances, l'occupation de la Galicie pourrait bien s'effectuer sans notre consentement 143.» Cette étrange révélation émut d'autant plus Metternich qu'elle évoqua en lui un souvenir. Il se rappela qu'en 1805 l'empereur Alexandre, désespérant d'entraîner la Prusse dans la troisième coalition, avait eu l'idée d'assaillir inopinément cette puissance, avec laquelle il entretenait les meilleurs rapports: il eût marché sur Varsovie, chef-lieu alors de province prussienne, et restauré à son profit la Pologne, avant de se porter en Moravie contre l'armée française. Ce précédent éclairait d'une lueur singulière les insinuations actuelles, donnait tout lieu de supposer que l'empereur Alexandre caressait aujourd'hui un projet du même genre et nourrissait l'espoir d'y entraîner l'Autriche, dût-il au besoin lui forcer la main: c'était là un de ces brusques écarts de pensée, une de ces fugues d'imagination dont l'histoire du mobile souverain offrait trop d'exemples: «La marche excentrique du cabinet russe, écrivait Metternich, ne nous autorise-t-elle pas à admettre comme possible ce qui paraît l'impossibilité même 144?»

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