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Napoléon et Alexandre Ier (3/3)

Note (retour) — ALEXANDRE Ier

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Où donc trouver, à défaut d'un pouvoir incontesté, l'influence effective? Avec qui l'empereur Alexandre peut-il, en dehors de Bernadotte, traiter et s'entendre? Le Roi touche au dernier degré de l'affaiblissement sénile; sa parole n'est plus qu'un balbutiement confus, et le seul sentiment qui paraisse subsister en lui est une admiration tremblante pour l'empereur des Français. La Reine est en horreur à la nation et universellement décriée. Parmi les membres du conseil, deux seulement possèdent la confiance du Roi et disposent de cette machine à signer: le premier est l'adjudant général Adlercreutz, auteur de la révolution qui a placé la couronne sur le front de Charles XIII; le second est un parent du premier, le baron d'Engeström, chargé du département de l'extérieur: «On n'est pas à ce point,--dit de lui un rapport à l'emporte-pièce,--dénué d'esprit, de talent et de caractère. Mais, indépendamment du crédit de l'adjudant général, il a pour garant de sa stabilité l'impuissance dans laquelle est le Roi désormais de juger de l'incapacité de son ministre et de revenir sur un aussi mauvais choix. M. d'Engeström s'est aussi étayé d'un moyen toujours sûr auprès d'un vieillard débile, celui d'une complaisance assidue et d'une domesticité officieuse qui s'étend à tous les détails dans l'intérieur du monarque. D'ailleurs, il possède un don qui doit rendre plus intimes ses rapports avec le Roi. Ce malheureux prince est dans un tel affaiblissement moral qu'il ne parle point, même d'objets d'une indifférence assez notoire, sans verser des larmes. Le ministre pleure avec lui, car il a pour pleurer une facilité que je n'ai vue à personne, et qui, contrastant avec sa taille gigantesque et ses formes d'Hercule, en fait un homme complètement ridicule 12.»--«C'est au duumvirat composé d'Engeström et d'Adlercreutz,--ajoute le diplomate auquel nous empruntons ces traits,--que le prince royal a bien voulu abandonner une autorité qui devrait résider dans ses mains.» À dire plus vrai, les ministres maîtres du Roi ne possèdent eux-mêmes qu'une ombre d'autorité: ils se font les serviteurs de l'opinion et suivent «ce feu follet 13» dans ses divagations capricieuses. Les vices d'une constitution qui a ruiné systématiquement l'action de l'exécutif, la périodicité d'assemblées où la vénalité s'étale au grand jour, les excès d'une presse licencieuse et corrompue, le relâchement de tous les ressorts administratifs, tiennent la Suède dans un état d'anarchie légale et ne laissent place qu'au règne turbulent des partis.

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