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Napoléon et Alexandre Ier (3/3)

Note (retour) — ALEXANDRE Ier

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Au commencement de 1811, Alexandre Ier se disposait à marcher contre Napoléon sans avoir dénoncé l'alliance qui unissait officiellement leurs destinées. Pour préparer cette surprise, il s'autorisait d'un grief et d'une présomption. Le grief était précis, patent, brutal: c'était l'incorporation à l'empire français de l'Oldenbourg, apanage d'un prince étroitement apparenté à la maison de Russie. Cette spoliation sans excuse, témérité ou inadvertance de despote, donnait droit au Tsar d'ouvrir les hostilités, mais n'eût pas suffi à l'y résoudre. Il se laissait emporter à la guerre par la persuasion où il était que Napoléon, ayant créé et agrandi le duché de Varsovie, voulait en faire une Pologne nouvelle, qui attirerait à soi les provinces échues à la Russie lors du triple partage et finirait par désagréger cet empire. Là était le motif inavoué, la blessure intime, l'objet profond du litige: «La véritable cause qui engage deux hommes à se couper la gorge, écrivait Joseph de Maistre, n'est presque jamais celle qu'on laisse voir 1.»

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