Note (retour) — ALEXANDRE Ier
Reading edition
Il couvre d'une ombre encore plus épaisse les mouvements destinés à recomposer la garnison de Dantzick et à en décupler l'effectif. D'abord, il fait rejoindre les quinze cents soldats qu'il a dans la place par six bataillons polonais, par deux bataillons saxons, par le régiment français qui occupe Stettin; Davout l'y remplacera «par un très beau régiment» de la division Friant, en ayant soin de tenir «le meilleur langage envers la Russie 98», en s'abstenant de la moindre confidence au gouvernement de Varsovie: «Tout ce qu'on dit aux Polonais, ils le répètent et le publient de toutes les manières 99.» Un peu plus tard, l'Empereur fait filer sur Dantzick, par Magdebourg et la Prusse, des compagnies de canonniers, de mineurs, de sapeurs, puis un régiment westphalien de deux mille quatre cents hommes, un régiment de Berg; il demande pour la même destination un régiment à la Bavière, un autre au Wurtemberg, et de tous les points de l'Allemagne des détachements se dirigent vers le poste à réoccuper, mais ils s'y rendent sans précipitation, en amortissant le bruit de leurs pas. Avec eux, l'Empereur fait affluer à Dantzick des canons, des mortiers, des affûts, des fusils, tous les engins de résistance, et de plus un équipage de ponts, matériel d'attaque qu'il dispose là pour l'avenir et par provision 100. Mais le gouverneur Rapp reçoit impérativement l'ordre de surveiller ses propos, de «couper sa langue 101»: il devra ne faire aucun étalage des ressources de tout genre qui vont lui arriver et s'entasser dans la place.