Note (retour) — ALEXANDRE Ier
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Dans son affaissement, le Roi a eu le mérite de ne jamais répudier les traditions militaires de sa maison: Iéna ne l'a point dégoûté du métier de ses pères; il est resté roi-soldat, amoureux de son armée et lui donnant tous ses soins. S'il a dû, par manque d'argent et pour obéir à la convention qui limite ses forces à quarante-deux mille hommes, congédier une grande partie de ses troupes, il a gardé les cadres. La réparation des places, la réfection du matériel et de l'armement se poursuivent sans relâche. Les hommes congédiés demeurent à la disposition de l'autorité, qui sait où les retrouver; la Prusse s'est conservé malgré tout une armée de soldats de métier, invisible, disséminée dans les rangs de la nation, mais prête à répondre au premier appel. Puis, le système des krumpers ou jeunes soldats qui passent à tour de rôle quelques semaines sous les drapeaux et restent assujettis ensuite à des exercices périodiques, permet d'ajouter aux effectifs, en cas de besoin, des éléments peu redoutables par eux-mêmes, mais susceptibles de bien se battre dès qu'ils se trouveront soutenus et encadrés. À force de dissimulation et de mensonge, la Prusse s'est mise en état de réunir rapidement cent mille hommes, et l'empereur Alexandre demeure au-dessous de la vérité lorsqu'il fixe à cinquante mille le nombre des Prussiens qui combattront tout de suite avec ses Russes. Il compte aussi sur des soulèvements populaires, sur des explosions spontanées, sur la levée en masse que Scharnhorst travaille à organiser. Les garnisons françaises de l'Oder, bloquées par l'insurrection, ne pourront empêcher les troupes régulières de s'unir aux masses moscovites: l'armée d'invasion, forte maintenant de trois cent mille hommes par l'adjonction successive des Polonais et des Prussiens, arrivera sans coup férir à Berlin, portée et soutenue par l'élan de tout un peuple 7.