Note (retour) — ALEXANDRE Ier (continued 4)
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L'impératrice d'Autriche se roidirait-elle davantage contre la séduction? Depuis son arrivée, elle n'avait pas démenti sa réputation de princesse intelligente et ambitieuse, de goûts plus relevés que son mari et d'esprit plus affiné. Passionnée d'art et de littérature, elle en parlait avec agrément, plaçait volontiers son mot sur les gros ouvrages de métaphysique qui se publiaient en Allemagne, sans négliger la politique. Petite, assez jolie, constamment malade, mais soutenue par ses nerfs, elle s'intéressait à tout, se mêlait à tout, avec une activité dont on ne l'eût pas crue capable. À la voir, il semblait que la moindre occupation dût l'épuiser: dès qu'un objet excitait sa passion ou seulement sa curiosité, elle devenait infatigable 529. L'an passé, elle avait déjà visité Dresde, en se rendant aux eaux de Carlsbad, et s'y était attiré de nombreuses sympathies. Dans la brillante assemblée d'aujourd'hui, elle faisait renaître les mêmes sentiments de respectueux intérêt. On admirait ses connaissances variées, son enjouement; on lui savait gré de se montrer aimable malgré ses maux: on la plaignait de toujours souffrir, et lorsqu'au cours d'une conversation où elle discutait avec feu ou s'abandonnait à une fébrile gaieté, une toux sèche brisait subitement sa voix, chacun s'attendrissait sur son sort et craignait de la perdre 530. L'empereur François l'aimait beaucoup et l'écoutait parfois, tout en la craignant un peu, car il trouvait «que sa femme avait trop d'esprit pour lui 531». En somme, c'était une puissance que cette mignonne impératrice, une puissance qu'il importait à Napoléon de se concilier ou au moins de désarmer. D'ailleurs, les résistances et les préventions qu'il sentait de ce côté le piquaient au jeu: il s'était juré de les vaincre: c'était pour lui affaire de politique et surtout d'amour-propre.