Note (retour) — ALEXANDRE Ier (continued 4)
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Les seigneurs allemands imitaient cette réserve: les princes eux-mêmes cherchaient à se confondre dans la foule, à n'être plus que courtisans. Quelques personnages pourtant attiraient l'attention. Le grand-duc de Wurtzbourg, honoré par l'Empereur d'une amitié particulière, se faisait remarquer par ses assiduités auprès de la duchesse de Montebello; le bruit avait couru qu'il ne croirait pas déroger en épousant cette charmante Française. Le baron de Senft affichait bruyamment son zèle napoléonien, et sa femme forçait encore la note, avec un délirant enthousiasme. Cette dame s'était rendue célèbre par ses manques de tact. Ayant habité Paris, où son mari avait été longtemps ministre de Saxe, elle s'y était prise d'un goût exclusif pour nos moeurs, notre esprit, nos modes, et depuis son retour exaspérait les Allemands en établissant à tout propos des comparaisons à leur désavantage. En acceptant le portefeuille des affaires étrangères, le baron avait mis pour condition que le Roi «pardonnerait à son épouse les propos souvent très peu mesurés qu'elle était en possession de se permettre 521». Mme de Senft abusait largement de «cette espèce d'absolution anticipée 522». Aujourd'hui, d'ailleurs, mari et femme semblaient d'accord pour multiplier les formes de l'adulation et les varier à l'infini: ils en inventaient de puériles. On racontait qu'ils avaient dressé leur petite fille, une enfant de huit ans, à embrasser «avec rage» le portrait de l'Empereur, en s'écriant: «Je l'aime tant 523!» C'était ce que Napoléon, écoeuré par tant de platitude, appelait depuis longtemps «la nigauderie allemande».