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Napoléon et Alexandre Ier (3/3)

Note (retour) — ALEXANDRE Ier (continued 4)

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À minuit, le passage était praticable. Au delà du fleuve, les voltigeurs continuaient d'avancer, bientôt rejoints par quelques détachements d'infanterie légère et de Polonais. Un bois s'étendait devant eux; ils en reconnurent les abords, s'y engagèrent. Ils entendirent alors dans les fourrés des bruits de chevaux et d'armes; ils se sentirent surveillés et frôlés par d'invisibles ennemis; çà et là, quelques lances pointèrent, des Cosaques furent aperçus, passant d'un trot rapide, et même des hussards russes, reconnaissables dans la nuit à leurs grands plumets blancs. Soudain, un «Qui-vive!» lancé à nos hommes...--«France!» répondent-ils. La voix qui leur avait parlé, celle d'un officier russe, reprit en français: «Que venez-vous faire ici?--F..., vous allez le voir 609!» répliquèrent les nôtres, et les carabines s'abattirent, jetant leur éclair à un ennemi déjà évanoui, tirant sur une ombre. À la sortie du bois, on atteignit un village situé dans la boucle du fleuve et que l'Empereur avait prescrit d'occuper, de fortifier par des coupures et des barricades, de convertir en réduit; en y pénétrant, nos soldats entendirent un galop précipité; ils aperçurent des Cosaques qui détalaient au plus vite et dont quelques-uns, se retournant sur leur selle, déchargèrent leurs armes. Sur plusieurs points à la fois, des détonations isolées retentirent profondément dans le silence de la nuit, faisant tressaillir l'Empereur sous sa tente et l'irritant, car il avait désiré qu'aucun bruit ne trahît jusqu'au matin le mystère de ses opérations: les premiers coups de feu de la grande guerre étaient tirés.

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